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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Éloge de la fidélité et Mariage dans tous ses ébats (2 livres de Joëlle Randegger)

Dans le mitan du lit la rivière est profonde. Éloge de la fidélité.

Elle l’annonce elle-même : elle risque de paraître démodée… Mais qu’on ne s’y trompe pas, Joëlle Randegger est confrontée à vif aux mouvements de ce siècle : mère de famille, pédiatre, en responsabilité dans l’aumônerie protestante hospitalière, elle a assumé des consultations auprès d’enfants atteints du Sida en Afrique puis au CHU de Montpellier et anime des sessions de formation. Elle sait combien la souffrance a besoin de solidarité, de fidélité et de paroles. Elle s’inquiète de la fragilité des unions aujourd’hui et des leurres d’une libération sexuelle galvaudée et trompeuse. De là son exigence – portée par sa propre expérience – des bienfaits d’une fidélité bien comprise : « Qu’on me comprenne bien, je ne renvoie pas toutes ces pratiques aux catégories traditionnelles du bien ou du mal, du licite ou de l’illicite, qui mériteraient condamnation et punition. Je pointe simplement, dans l’héritage du « tout est permis mais tout n’est point utile » de l’apôtre Paul, la difficulté pour les adeptes d’une telle « libération des tabous et de la morale judéo-chrétienne » d’avoir accès à l’épanouissement de soi, à la découverte de l’altérité et à sa dimension spirituelle ». Rien de rétréci ni culpabilisant dans ces mises en garde.  Joëlle Randegger sait fêter la force de vie et d’émerveillement de l’éros mais n’oublie pas de dire son alliance avec Agape et Philia, dénonçant un certain aveuglement dans le discours contemporain relatif à cette nouvelle théologie ayant comme idole le corps et sa jouissance, dans une dissociation schizophrène entre le sexe, le cœur et le langage.

Elle s’est formée en théologie, propose une approche personnelle et créative de l’Évangile et des lectures de la Bible. Elle plaide pour l’Humain dans son intégrité homme et femme, dénonce la souffrance particulière des femmes et leur actuelle exclusion.

Abordant avec le souci de leurs vérités existentielles les problèmes de la pastorale, elle ne fait pas fi des raisons particulières d’un divorce parfois nécessaire. Elle les éclaire au contraire en citant l’expérience d’une de ses amies pasteure qui a découvert comme une révélation la charge intense de l’affirmation de l’épître aux Corinthiens (I, 13.6.) : « L’amour ne se réjouit pas de l’injustice mais se réjouit de la vérité » ; son amie y a trouvé la force de couper un lien basé sur l’injustice et le mensonge.

Réflexion profonde, parole libre nourrie d’expérience et d’ensourcement spirituel, l’auteure nous offre un ouvrage exigeant qu’il faut savoir goûter : concis très bien écrit, il oblige à des mises au point qui paraîtraient sévères si elles n’étaient éclairées par une telle intensité de recherche, d’expérience humaine et d’exigence spirituelle. N’oublions pas leur qualité scientifique : les personnes en charge d’éducation et de formation y puiseront avec profit. Et d’autant plus si elles veulent témoigner d’une approche chrétienne.

Joëlle Randegger, Dans le mitan du lit la rivière est profonde. Eloge de la fidélité, Éditions Olivétan, Lyon, 2006, 90 pages.

***

Le mariage dans tous ses ébats, Lettre à une amie « psy » et « catho ». Une voix protestante

Pour inviter à une approche renouvelée, réfléchie, des choix de sexualité et de filiation, l’auteure interroge des faits et des situations actuelles : depuis des années, en tant que médecin pédiatre, elle s’est engagée dans la lutte contre le sida, en plus de ses responsabilités cliniques et des tâches pastorales et d’enseignement pour sa communauté protestante. Dans ses consultations elle côtoie des hommes, des femmes, des enfants, certains nés d’une union hétérosexuelle antérieure au nouveau choix de vie en couple homosexuel, des familles disloquées par la souffrance, les doutes, les attentes, la fragilité, les maladies. Elle connait leur espoir de renouveau, le désir d’enfant, la générosité mais la souffrance des adoptions difficiles, le désarroi des parents devant le vide juridique qui laissent dans l’illégalité, l’absence d’identité et l’opprobre des enfants de plus en plus nombreux nés à l’étranger ou en France par différents recours aux adoptions et nouvelles possibilités de l’aide médicale assistée, voire de la gestation pour autrui (GPA).

Reconnaissons que ceci est dérangeant, mal connu, volontiers ignoré… Ceci repoussé comme lointain et improbable bien que la mise en œuvre s’en élargisse sous nos yeux… Ceci parfois violemment refusé car mal exprimé en tant que droits et revendications… Ceci jugé immédiatement répréhensible à celles et ceux d’entre nous qui s’en tiennent une fois pour toutes à La Tradition des vérités naturelles et des lois fondamentales, trop souvent brandies comme repères par les religions du Livre, assises sécuritaires aussi d’un androcentrisme qui tient bon et reste conforté par certains poncifs de la psychanalyse freudienne.

Joëlle Randegger propose quant à elle de prendre en compte une approche trop rarement convoquée à partir de   la notion de « besoin fondamental Humain (BFH) » inventée dans les milieux politiques et économiques, largement utilisée dans le domaine des soins palliatifs, de la psychologie comportementale, de la communication non violente et la médiation de conflit. Paradigme qui désigne ce qui est absolument nécessaire à la vie, à la croissance et à l’épanouissement de l’être humain. Et elle illustre son propos en choisissant l’image d’une roue dynamique dont les six rayons correspondent à six catégories de besoins : reconnaissance et altérité, connaissance et créativité, sécurité et liberté. Ces besoins apparaissent opposés et complémentaires, tout excès de l’un entrainant le défaut de l’autre. Ils tournent autour de l’axe de la justice qui maintient la roue de façon solide et équilibrée.

Elle a choisi la formule d’une lettre adressée à une amie catholique. Sur différents points bien argumentés cela lui permet de préciser la différence d’approche entre les deux confessions. Comme on le sait, sacrement du mariage et morale conjugale se donnent comme fondés en Christ et immuables du côté catholique alors que certaine confessions réformées savent placer la priorité sur la recherche de sens que peut apporter la prise en compte des réalités actuelles de vie et la compréhension du caractère de contextualisation. Une lecture approfondie de la Bible montre par exemple que dans les temps durs de l’exil, la priorité absolue fut mise sur les besoins de filiation, de transmission du nom, descendance, identité de la tribu et qu’elles ont conduit à de nombreuses violations « morales » : viols, incestes, assassinats, répudiations…

Quant à l’attitude du Christ, qui se prononce bien peu sur les conditions des unions maritales et des séparations, elle témoigne toujours, affirme l’auteure, du souci primordial pour la justice et de l’offre de rencontre et conversion.…

L’autre confrontation qu’apporte ce regard croisé, amical, exigeant de sincérité et pointu dans l’argumentation scientifique, entre l’auteure immergée dans la réalité de terrain et son amie psychanalyste, c’est la liberté prise pour s’affranchir explicitement du poids excessif donné au modèle freudien du fameux triangle : Père, mère enfant. Clinicienne alertée par les situations et conditions nouvelles des modes de filiation, Joëlle Randegger propose un questionnement renouvelé sur des questions qui dépassent nos approches habituelles : ainsi des différences convenues comme seules nécessaires et valables entre sexes différents, ainsi du poids que nous posons alors sur les notions de sexualité, différence entre les sexes et altérité.

Ce livre bousculera bien des idées reçues. Il ne juge ni ne conseille. Il interroge et éclaire autrement. On saura gré à l’auteure de ne jamais plaider, par facilité, mode, naïveté ou ignorance, pour des changements qui braderaient la qualité d’amitié, de justice, de spiritualité des nouveaux modes d’engagement entre partenaires, qu’il s’agisse des unions traditionnelles – sous condition d’être renouvelées par une parité effective hommes et femmes – ou qu’il s’agisse d’unions entre conjoints du même sexe dans la large nébuleuse LGBT. Toujours, pour éclairer les problèmes et les choix sociétaux et éthiques actuels, bien que minoritaires, tels que nous l’impose désormais la prise en compte des différentes formes de vie, d’engagement et d’unions, les nouveaux modes de filiation, de parenté, d’adoption, d’éducation, de séparations et reconstructions familiales, toujours, sans rien pourfendre ni moquer des traditions d’autrefois, sans brandir des justifications morales toute convenues, sans esprit de compétition entre les assurances de son amie catholique et les recherches plus libres de sa tradition réformée, Joëlle Randegger sait accueillir et favoriser l’examen renouvelé des repères. La recherche du besoin fondamental Humain de l’enfant y est première. Elle témoigne avec simplicité qu’elle éclaire ces repères par une profonde exigence éthique et recherche spirituelle nourrie d’une lecture assidue de la Bible.

Joëlle Randegger, Le mariage dans tous ses ébats, Lettre à une amie « psy » et « catho ». Une voix protestante, Editions Olivétan, collection Convictions et société, Lyon, 2013, 72 pages.

Recension par Marie-Thérèse van Lunen Chenu. Ouvrages déposés dans le fonds Genre en Christianisme de la bibliothèque du Saulchoir à Paris.

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