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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Monique Hebrard, « Pour une Eglise au visage d’Evangile » (MT van Lunen Chenu)

Monique Hebrard, Pour une Eglise au visage d’Evangile, douze urgences, Paris, fidélité, 2014, 173 pages

Sur cette route des réformes où tant de catholiques aujourd’hui voudraient que s’engage le pape François, Monique Hébrard se révèle une guide inspirée et précieuse. Excellente journaliste, elle connait bien ses dossiers et a déjà balisé les terrains en proposant une quinzaine d’ouvrage appréciés sur des réalités contemporaines du catholicisme. Ici encore, elle analyse utilement les situations, offre des références et des citations bienvenues, délaissées ou oubliées : affirmations, engagements ou mises en garde de papes, évêques, théologiens…. Enfin, pour la richesse que nous pouvons recevoir des protestants, elle y joint en exergue de beaux extraits du premier discours d’inauguration de l’Église Unie de France en 2013.

Monique Hébrard ne s’en cache pas, bien au contraire : elle se dit elle-même partie prenante des mises en chemin. Un regard sur les têtes de chapitres qui désignent les douze urgences convaincra de la profondeur de ses réflexions nourries par sa vie de foi et son amour de l’Église. Ainsi plaide-t-elle, dans un langage toujours juste, neuf et inspiré : Pour une Église qui écoute et fait du bien, … qui dialogue avec le monde ,… qui accepte la réalité de la fin du temps de chrétienté,… une Église à la Tradition vivante,une Église qui ne se comporte pas en détentrice de la Vérité,… qui accepte le dialogue et le débat en son sein,…qui donne une vraie place aux femmes,… qui respecte la primauté de la conscience,… qui chemine avec ceux qui cherchent,… pour une Eglise aux entrailles de miséricorde,… une Église pauvre et vulnérable.

On le voit, l’espérance est ici loin de museler la critique. Au contraire, elle s’y appuie. Et l’on ne s’étonnera pas que celle-ci se fasse plus vive encore quand il s’agit de la question des femmes ! L’Église hiérarchique reste unisexe et cléricale : pour la représenter statistiquement on pourrait faire, écrit l’auteure, le dessin d’un énorme corps de femme surmonté d’une petite tête masculine ! En quelques mots elle résume les arguments dits traditionnels : à cause de leur nature féminine, ontologiquement marquée par la maternité, les femmes ne peuvent pas partager le pouvoir et encore moins approcher le sacré. A cause d’une volonté expresse de Jésus, et, par leur ressemblance naturelle au Christ-époux, les hommes seuls se croient habilités au sacerdoce ; les clercs accaparant ainsi tout le pouvoir décisionnel dans l’Église, à contre témoignage de l’Évangile qui souligne le modèle du Christ-serviteur.

Pourtant, il est juste de le rappeler, l’Église a su défendre parfois les femmes et croit encore souvent les magnifiermais le compte n’y est pas : cette Église qui reste axée sur une conception païenne du sacré et non-évangélique du pouvoir, cette Église de clercs, qui ne sait reconnaître qu’en paroles mais pas en actes l’entière dignité des femmes inscrite dès la Genèse dans le plan de Dieu, cette Église reste en défaut d’ « humanitude ».

Monique Hébrard s’en explique. Depuis bien longtemps elle ne milite plus pour la prêtrise des femmes car l’urgence est ailleurs, il importe d’approfondir les conséquences du  « tous, prêtres, prophètes et rois »… Nous vivons peut-être la fin d’une modalité du « sacerdoce » tel que nous le connaissons… construction historique qui va peut-être se déconstruire d’elle-même.  

L’ouvrage est riche et inspirant, ce pourrait faire les 12 mois de l’année pour du travail en communauté et tant mieux s’il invite à discuter des priorités et mises en chantier !                                      

Marie-Thérèse van Lunen Chenu

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