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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Appel à articles pour revue Genre, sexualité & société n° 8 : « Rituels »

Voici  ci-dessous un appel à contribution pour le numéro 8 de la revue Genre, sexualité & société consacré aux « Rituels ».
Les propositions de contribution sont à adresser aux coordinatrices du numéro, Béatrice de Gasquet (gasquet@brandeis.edu) et Martine Gross (gross@ehess.fr), et en copie à gss@revues.org
N’hésitez pas à le diffuser.

Bonne année 2012 à tou-te-s,

Béatrice de Gasquet et Martine Gross

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Appel à articles – Genre, sexualité & société n° 8 « Rituels »


Contemporary conflicts over sexual values and erotic conduct have much in common with the religious disputes of earlier centuries. They acquire immense symbolic weight.” (Gayle Rubin,  1984, “Thinking Sex: Notes for a Radical Theory of the Politics of Sexuality”)

Accès des femmes et des homosexuels à l’autorité religieuse, célébrations religieuses des couples de même sexe : les conflits sur le genre et la sexualité n’ont pas seulement remplacé les conflits religieux comme le suggérait Gayle Rubin, mais ils occupent aussi aujourd’hui une place considérable dans les conflits entre univers séculiers et religieux, ou dans les controverses intra-religieuses. De nombreux travaux sur genre, sexualité et religion se sont intéressés avant tout aux discours, que ce soit en analysant les controverses doctrinaires au sein des organisations religieuses, ou en analysant les dimensions genrées des croyances et appartenances religieuses individuelles à partir d’entretiens. Ce numéro de Genre, sexualité & société propose de partir de l’angle des pratiques (Bell, 1997), en explorant comment une activité spécifiquement religieuse, le rituel, contribue à faire ou défaire les normes régulant genre et sexualité.

Dans cette perspective, les contributions, basées sur la discussion de matériaux empiriques, pourront s’inscrire dans les différentes disciplines des sciences humaines et sociales. Les paragraphes suivants proposent des pistes d’enquête non limitatives.

Comment les rituels religieux contribuent-t-ils à assigner une identité sexuelle ou sexuée ? Dans certains groupes, le sexe d’un enfant  est sanctionné socialement par une activité rituelle – circoncision, divination chamanique… Plus largement, l’activité rituelle est souvent une activité de catégorisation, d’identification, le sexe social d’une personne ou sa sexualité (virginité, hétérosexualité, homosexualité) pouvant lui fermer l’accès au rituel, que ce soit comme participant-e ou comme officiant-e, ou déterminer sa place dans le rituel. Les rites de passage (naissance, puberté ou majorité, mariage, funérailles, mais aussi conversions et accès à l’autorité religieuse), les fêtes religieuses (pèlerinages, sacrifices), mais aussi les offices religieux plus « ordinaires », peuvent ainsi produire des catégories pratiques de genre et de sexualité, par exemple lorsque les femmes et les hommes y sont séparés, ou lorsque l’abstinence est exigée des officiant-e-s. Les propositions pourront ainsi documenter empiriquement cette catégorisation rituelle du genre et de la sexualité.

Pourquoi, comment, genre et sexualité deviennent-ils parfois enjeux de débats entre experts rituels ou religieux ? Ces normes et frontières sont en effet rarement fixes. Si les autorités religieuses décrivent parfois le genre et la sexualité comme naturels, ou les politiques religieuses en ce domaine comme intemporelles, les pratiques religieuses ont au contraire contribué à la construction historique et sociale du genre et de la sexualité. Les contributions pourront ainsi explorer les configurations religieuses où ces normes et catégories ne sont pas fixées, changent, ou deviennent explicites. Le rituel est ainsi une entrée dans l’analyse de la conflictualité religieuse sur la sexualité et sur le genre, que ce soit à l’échelle locale ou à l’échelle de mouvements religieux transnationaux – accès des petites filles à la fonction d’enfant de chœur dans les paroisses catholiques, célébration religieuse des naissances dans les familles homoparentales, participation des femmes ou des homosexuels au rituel – comme participant-e-s ou comme officiant-e-s. À quelles configurations historiques, religieuses, politiques ou ethniques peut-on rattacher cette conflictualité ? Les contributions pourront ainsi analyser de telles controverses en prêtant attention à la manière dont elles questionnent les pratiques rituelles quotidiennes et leur association avec des normes de genre et de sexualité particulières.

Comment les rituels participent-ils à la reproduction, ou à la subversion, des normes dominantes concernant le genre et la sexualité ? Au-delà des catégories définies par les autorités religieuses, le rituel a des effets socialisateurs. Le langage et les codes des rituels (spatialisation, couleurs, vêtements, objets rituels, références aux substances corporelles telles que lait ou sang) véhiculent souvent des oppositions binaires entre masculin et féminin, des métaphores de la reproduction hétérosexuelle, ou une dévalorisation de la sexualité non régulée religieusement (thématique de la pureté ou de la purification). Les travaux sur les rites d’initiation ont montré comment ces derniers contribuent à la construction sociale de la masculinité et de la féminité, souvent dans des groupes sociaux où la sphère religieuse est peu différenciée des activités sociales. Les rituels religieux, en particulier les célébrations dirigées vers les jeunes adultes, produisent aussi, consciemment ou non, de l’endogamie religieuse ou ethnique.

Les contributions pourront ainsi s’intéresser à la manière dont les rituels religieux contribuent à la socialisation de genre, et à l’encadrement du désir et de la sexualité dans les sociétés sécularisées contemporaines, en contradiction ou non avec les normes de genre dominantes. (L’hyperféminité performée dans les cérémonies de mariage correspond rarement à la féminité quotidienne : comment analyser alors l’effet socialisateur du rituel – répression, ou mascarade ironique ?)  Les contributions pourront aussi s’intéresser aux cas où le rituel est utilisé stratégiquement par des actrices et acteurs afin de guérir et réparer exclusion ou déviance par rapport aux normes d’un groupe donné (rites de guérison, cultes de possession).

Comment décrire et analyser la variété des appropriations individuelles et collectives des rituels religieux ? Le degré auquel les participant-e-s à un rituel en incorporent ou non les significations attribuées par les autorités religieuses (ou par les anthropologues) est en même temps très variable, de même que leur degré d’investissement émotionnel et de réflexivité face au rituel. Les contributions pourront ainsi explorer la diversité des appropriations individuelles d’un même rituel – les « déviants » au regard des normes sexuelles de leur groupe religieux ont-ils par exemple nécessairement une participation plus critique, ou la réflexivité à l’égard du rituel est-elle aussi fonction d’autres variables, comme les compétences religieuses acquises ? Les contributions pourront aussi s’intéresser aux contestations et réappropriations collectives des rituels religieux visant à déplacer les normes de genre et de sexualité – critiques féministes du langage rituel, innovations rituelles (ex. rituels de coming-out) – que ce soit à l’intérieur ou en marge des institutions religieuses. Les contributions pourront enfin s’interroger sur la manière dont les rituels religieux peuvent produire du « non-genre » (Delphy, 1991), lorsqu’ils rendent possible pour les participant-e-s d’endosser plusieurs identités sexuées (cas des cultes de possession), ou lorsqu’ils mettent l’accent sur la production d’une identité religieuse supposée transcender toutes les autres identités.

La date limite de rendu des propositions d’articles est fixée au 20 mars 2012 (5 000 signes), un retour sera fait début avril pour un attendu des textes au 1er juillet 2012 (cf. règles de publications sur le site de la revue – http://gss.revues.org). Sortie prévue : décembre 2012.

Les propositions de contribution sont à adresser aux coordinatrices du numéro, Béatrice de Gasquet (gasquet@brandeis.edu) et Martine Gross (gross@ehess.fr), et en copie à gss@revues.org

 

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