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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Universalité droits de l’Homme / diversité religions et cultures (Oslo 10/2010)

L’universalité des droits de l’Homme face à la diversité des religions et des cultures

François Becker, Secrétaire général, représentant officiel, de l’OING Réseau Européen Eglises et Libertés et James Barnett, Représentant officiel de l’OING Commission Intereuropéenne sur l’Eglise et l’Ecole, à l’occasion de la Conférence des OING du Conseil de l’Europe qui s’est tenue à Oslo les 21 et 22 octobre, proposent une réflexion sur l’universalité des droits de l’Homme face à la diversité des religions et des cultures.

Il peut être surprenant que la Conférence des OING du Conseil de l’Europe propose un atelier sur religions et universalité des droits de l’Homme, lors du Forum Universalité des Droits de l’Homme. La raison se trouve dans le Livre Blanc du Dialogue Interculturel publié par le Conseil de l’Europe : «la pratique religieuse est une composante de la vie contemporaine ; à ce titre, elle ne peut, ni ne doit être exclue de la sphère d’intérêt des autorités publiques». De plus, ce dialogue a montré que les religions ont des rapports ambivalents avec les droits de l’Homme, ne serait-ce qu’à travers les cultures qui en sont issues.

L’expérience montre en effet qu’une religion peut reconnaître certains droits dont elle estime être à l’origine, tout en en rejetant d’autres, en se référant à ce qu’elle appelle la «loi de Dieu». Une illustration en est donnée par la contestation de jugements de la cour européenne des droits de l’Homme par certaines religions. Pourtant, le monopole religieux et moyenâgeux s’est fait remplacer depuis des siècles par le pouvoir politique et les gouvernements élus, eux-mêmes contraints par les déclarations des droits de l’Homme telles que la déclaration universelle (1948), la Convention européenne (1950) etc.

L’actualité montre aussi que des religions, affirmant être seules en possession de la vérité, réclament en conséquence dans certaines instances que soit imposé à l’humanité entière un comportement résultant des valeurs qu’elles prônent, notamment à propos de la nature humaine. C’est le cas, par exemple les droits des transsexuels ou de l’avortement.

Qu’en est-il alors de la liberté de conscience ? Une religion ou un courant de pensée peut-il prétendre à l’universalité et déclarer «ses» valeurs universelles sous prétexte qu’elles résultent de la «Vérité» dont il se dit détenteur unique? La diversité religieuse avec ses différences culturelles et philosophiques, la diversité d’idéaux fondés sur des convictions religieuse, humanitaires, athées ou agnostiques peuvent-elles converger vers un patrimoine reconnu commun par l’humanité, donc universel ? Quel peut être l’apport des communautés religieuses à l’humanité dans sa quête de valeurs universelles ?

Telles sont quelques unes des grandes questions qui seront discutées lors du Forum d’Oslo. L’universalité ne se décrète pas.
Elle est le fruit d’un processus d’intériorisation qui doit conduire chaque personne à reconnaître certaines valeurs comme inhérentes à son humanité commune, comme des «standards éthiques» selon l’expression du professeur Hans Küng, animateur de la Fondation Ethique Planétaire, qui contribue activement au développement de ce processus. Ainsi, l’universalité n’est-elle pas un fait a priori, mais un but à atteindre par une recherche, menée dans un dialogue à la fois interculturel et intraculturel, interreligieux et intrareligieux, interconvictionnel et intraconvictionnel, car les religions et les courants de pensée ne sont pas monolithiques. Il existe, en leur sein, différentes tendances qui doivent pouvoir s’exprimer et participer à ces dialogues et recherches qui ne doivent donc pas être limités aux hiérarchies des religions et courants de pensée.

Ces dialogues doivent permettre de transcender les expressions, les traditions et les formes des religions et courants
philosophiques qui ont émergé dans un contexte sociologique, historique, politique et culturel bien particulier. Ils doivent permettre de faire ressortir ce qui est immanent de ce qui est contingent, et de rechercher le sens, tel qu’il serait exprimé aujourd’hui, de textes écrits dans un contexte historique, sociologique et culturel donné, qui n’est plus le nôtre. Il s’agit souvent d’un travail difficile dont les conclusions peuvent être difficiles à accepter, d’autant plus qu’elles peuvent remettre en cause des valeurs ou des règles de vie affirmées comme «vérités» immanentes découlant de la «loi de Dieu», alors qu’elles n’étaient que contingentes.

Aussi ces dialogues et ces recherches doivent-ils susciter une «curiosité» culturelle et spirituelle réciproque, curiosité à la fois respect et accueil de l’autre en disant “tu me fascines, je veux mieux te connaître”, et volonté de découvrir en profondeur les traditions religieuses et philosophiques des un et des autres avec leurs diversités culturelle et historique. Cette démarche et ces attitudes réciproques impliquent donc ouverture d’esprit et acceptation des remises en cause. Comment organiser ces dialogues et ces recherches, avec qui et dans quel cadre ? N’est-ce pas la laïcité qui offre le plus de garantie ?

Ces dialogues et recherches impliquent donc une formation appropriée, source de discernement, donnant les éléments permettant de former son jugement et de donner sens à sa vie. Cette formation doit comprendre une éducation au fait religieux en général et donner une connaissance systématique des faits des religions. Compte tenu du caractère non confessionnel de l’école publique, du droit de chacun à manifester et faire partager ses convictions dans le respect de celui des autres, du droit des parents à transmettre leurs valeur et leur foi ou philosophie, comment organiser politiquement une telle formation dans le respect de ces droits? Qui doit en avoir la responsabilité ? Qui doit en définir la forme et le contenu ?

Le Forum Universalité des Droits de l’Homme se tient à Oslo les 21 et 22 octobre à l’initiative de la Conférence
des OING du Conseil de l’Europe.

James Barnett est Représentant officiel de l’OING Commission Intereuropéenne sur l’Eglise et l’Ecole, Rapporteur du groupe de travail « Universalité et religions » du Forum d’Oslo sur l’Universalité des Droits de l’Homme, organisé par la Conférence des OING.

François Becker est Secrétaire général, représentant officiel, de l’OING Réseau Européen Eglises et Libertés, rapporteur du groupe de travail « Universalité et religions » du Forum d’Oslo sur l’Universalité des Droits de l’Homme, organisé par la Conférence des OING.

Copyright James Barnett barnett@gmail.com
Publié sur : http://www.grotius.fr/l%e2%80%99universalite-des-droits-de-l%e2%80%99homme-face-a-la-diversit
e-des-religions-et-des-cultures/

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