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	<title>FHEDLES - Femmes et Hommes, Egalité, Droits et Libertés, Dans les Eglises et les Sociétés &#187; dialogue interreligieux</title>
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	<description>Femmes et Hommes, Egalité, Droits et Libertés, Dans les Eglises et les Sociétés</description>
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		<title>Europe : pour un dialogue des « convictions »  (Bernard Quelquejeu)</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Mar 2012 15:44:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>FHEDLES</dc:creator>
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		<category><![CDATA[démocratie]]></category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;[...] Nous avons compris que l’expression ‘dialogue interreligieux’ ne nous convenait pas, puisqu’il excluait celles et ceux d’entre nous qui ne se reconnaissent pas comme appartenant ou référés à une religion instituée : nous avons commencé à parler de nos convictions respectives, de groupes de conviction, et à nous comprendre comme pratiquant un ‘dialogue interconvictionnel’. [...]&#160;&#187; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;[...] Nous avons compris que l’expression ‘dialogue interreligieux’ ne nous convenait pas, puisqu’il excluait celles et ceux d’entre nous qui ne se reconnaissent pas comme appartenant ou référés à une religion instituée : nous avons commencé à parler de nos <strong>convictions </strong>respectives, de <strong>groupes de conviction</strong>, et à nous comprendre comme pratiquant un ‘<strong>dialogue</strong> <strong>interconvictionnel’.</strong> [...]<strong>&nbsp;&raquo;<br />
</strong></p>
<p><em>Bernard Quelquejeu, membre de FHEDLES, est intervenu à journée d’Études organisée par le <a href="http://fhedles.fr/nos-actions/groupe-interconvictionnel-g3i/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">G3i</span></a> le 24 janvier au Conseil de l’Europe sur le thème  « <a href="http://fhedles.fr/evenements/devenir-citoyens-et-citoyennes-d%E2%80%99une-europe-plurielle-24012012-a-strasbourg/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Devenir citoyen(ne)s d’une Europe plurielle</span></a> ». </em></p>
<p><em>Découvrez ici quelques extraits du tout début de son intervention. Nous vous invitons à <strong><span style="text-decoration: underline;"> </span></strong><a href="http://fhedles.fr/wp-content/uploads/Strasb.-Convictions-partag.-dans-lesp.-polit.-BQ.pdf">télécharger le texte intégral </a>beaucoup plus riche et mieux articulé.</em></p>
<h2><strong>Dialogue entre convictions, pas seulement entre religions</strong></h2>
<p><a href="http://fhedles.fr/wp-content/uploads/Bernard-Q.-31.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-1434" title="Bernard Quequejeu" src="http://fhedles.fr/wp-content/uploads/Bernard-Q.-31-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Notre groupe de travail – le G3i – est composé à la fois de femmes et d’hommes se réclamant de traditions religieuses diverses (chrétiennes, juives, musulmanes, un peu plus tard bouddhiques), et de membres qui ne se comprennent pas en référence à une problématique religieuse, et qui se sont associés à partir de croyances et de convictions communes, humanistes, philosophiques, agnostiques, ou autres. Très vite, au cours de nos échanges, nous avons compris que l’expression ‘dialogue interreligieux’ ne nous convenait pas, puisqu’il excluait celles et ceux d’entre nous qui ne se reconnaissent pas comme appartenant ou référés à une religion instituée : nous avons commencé à parler de nos <strong>convictions </strong>respectives, de <strong>groupes de conviction</strong>, et à nous comprendre comme pratiquant un ‘<strong>dialogue</strong> <strong>interconvictionnel’.</strong></p>
<h2><strong>Qu’est-ce qu’une conviction ?</strong></h2>
<p>Une conviction, c’est <strong>un acquiescement de l’esprit appuyé sur des justifications jugées suffisantes pour entraîner l’adhésion</strong>. Cette signification couvre en français l’espace compris entre une limite supérieure, qui est la certitude, l’assurance inébranlable (« j’en ai la conviction » = « j’en mettrai ma main au feu »), et une limite inférieure, une approbation réfléchie, au terme d’une recherche ou d’un examen attentif, assez ferme pour justifier l’engagement pour une cause, mais n’excluant pas totalement toute trace de doute ou au moins la possibilité de remise en question.</p>
<p>Insistons sur quelques aspects notables de cette définition. C’est un acquiescement de l’<strong>esprit</strong>, non de la pure raison. La conviction n’est pas le savoir, dont la caractéristique est la certitude objective. Le principe d’Archimède ou la loi de Mariotte ne sont pas objets de conviction, mais de savoir. La conviction est bien un acte de tenir-pour-vrai (en allemand <em>Fürwahrhalten</em>), une <strong>créance (</strong>au sens où Descartes parle de<strong> recevoir en-sa-créance)</strong>, mais elle comporte aussi un engagement de la volonté, appétit du Bien, dans la mesure où l’objet de la conviction suscite l’aspiration et recèle un goût, une appréciation positive.</p>
<p>Il est utile de préciser encore un peu. La conviction dit plus que la <strong>persuasion</strong>, laquelle ne repose que sur une adhésion subjective, jugée suffisante présentement pour moi, mais non susceptible d’entraîner l’adhésion de tous. Elle dit beaucoup plus que l’<strong>opinion</strong>, qui est une créance faible, incertaine, réfutable, n’ayant pas fait l’objet d’un examen critique suffisant.</p>
<p>Ajoutons enfin que la conviction peut s’appliquer à de larges secteurs de l’existence personnelle et sociale. On parlera à juste titre de convictions en matière de mœurs, de convictions morales, de convictions sociales, de convictions politiques, de convictions religieuses, de convictions spirituelles. Au terme de ce bref examen, il semble bien que l’expression de « <em>groupe de convictions</em> » soit pertinente, et bien adaptée pour désigner à la fois les « églises et les associations ou communautés religieuses » de l’art.17 §1 du Traité de l’Union Européenne et aussi les « organisations philosophiques, humanistes, non-confessionnelles » de l’art.17 §2, celles qui sont issues de traditions diverses et exprimant divers courants culturels ou spirituels présents dans notre vieille Europe.</p>
<p><em><a href="../wp-content/uploads/Strasb.-Convictions-partag.-dans-lesp.-polit.-BQ.pdf?PHPSESSID=2a0f14ec2010730b60a9db8cf01f9b10"></a><a href="http://fhedles.fr/wp-content/uploads/Strasb.-Convictions-partag.-dans-lesp.-polit.-BQ.pdf">télécharger le texte intégral </a></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Bernard Quelquejeu est l&#8217;auteur du récent : Sur les chemins de la non violence. Études de philosophie morale et politique</em>. Vous en trouverez une présentation <a href="http://fhedles.fr/wp-content/uploads/chemins-non-violence-quelquejeu.pdf">ici en pièce jointe</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Homme et femme il les créa (M.-D. Chenu, o.p.)</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Oct 2010 12:04:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>FHEDLES</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Genèse]]></category>
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		<category><![CDATA[Marie-Dominique Chenu]]></category>

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		<description><![CDATA[Que le lecteur me permette de parler à la première personne, de dire « je ». Ainsi voudrais-je manifester une certaine affectivité avec laquelle je lis régulièrement ce bulletin [de Femmes et hommes en Église], avec laquelle j’y collabore. C’est que, dans sa profondeur, à la fois profane et religieuse, son objet ne peut se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que le lecteur me permette de parler à la première personne, de dire « je ». Ainsi voudrais-je manifester une certaine affectivité avec laquelle je lis régulièrement ce bulletin [de Femmes et hommes en Église], avec laquelle j’y collabore. C’est que, dans sa profondeur, à la fois profane et religieuse, son objet ne peut se tenir et s’expliquer sans une certaine sensibilité que ne capte pas l’analyse purement objective. Autre motif : c’est une manière de ménager à mes propos le réactivisme que doit comporter une réflexion personnelle, légitimement contestable au regard des assurances scientifiques.</p>
<p>Je me plais d’ailleurs, pour me situer, à observer que les problèmes posés par le bulletin sont abordés par de multiples disciplines, biologie, psychologie, sociologie, voire linguistique, puisque le mot homme ne peut être dégagé de son ambiguïté. En toute discipline, aujourd’hui, contre une spécialisation abusive, l’approche pluri-disciplinaire est signifiante et efficace ; en notre domaine elle semble l’être plus encore. Aussi, sans réduire aucunement chacune des méthodes engagées, je propose une réflexion directement théologique, je devrais dire « mystique », ou mieux « mystérique », à partir d’une lecture du récit de la Genèse, où est décrite la création de l’être humain, au sommet de l’univers en gestation divine.</p>
<p><em>Dieu créa l’homme à son image</em></p>
<p><em>A l’image de Dieu il le créa</em></p>
<p><em>Homme et femme il les créa.</em></p>
<p>Deux éléments se trouvent en relation, dans la splendeur solennelle de ce récit : A l’image de Dieu, homme et femme il les créa. Ces traits sont sommairement annoncés et l’exégète pur n’incline pas à les articuler l’un sur l’autre, en une conjonction de causalité. Mais peut-être est-il permis de dépasser la littéralité pour proposer une élaboration de raison théologique, exploitant le voisinage de deux données, et rendre ainsi raison de la densité de l’expression image de Dieu. Le dédoublement homme-femme ne s’éclairerait-il pas par ce principe créateur ?</p>
<p>En toute hypothèse, la création est « mystère », c&#8217;est-à-dire une opération qui dépasse et ne peut que dépasser les forces de la raison. Si Dieu est Dieu, comment peut-il créer un « autre » qui soit en dehors de lui ? Dieu ne peut être qu’absolu, dans une autosuffisance qui ne tolère pas une altérité voisine, sous peine de n’être d’abord qu’un Dieu imparfait. Peut-il se faire une « image » ? Et que peut-être, si elle est autre, cette image ?</p>
<p>C’est que Dieu, du moins le Dieu chrétien, n’est pas d’abord le tout-puissant, l’éternel l’infini, l’omniscient, le super-provident, etc. Il est amour, il est l’Amour de telle sorte que l’amour ne lui est pas un attribut parmi les autres : il est son être même. Paul Valéry disait que les chrétiens seuls (1) ont défini ainsi leur Dieu. Mais alors accordons à cet Amour ce qui est la définition même de tout amour : il est don, il est expansion hors de soi, il est extase, il est vivre avec l’autre, pour sa perfection et sa béatitude. Il se complaît à ce que l’autre soit « autre », pour que joue vraiment et à plein la réciprocité dans la gratuité et la liberté du don.</p>
<p>Telle est d’ailleurs la trame de l’Ancien Testament, spécialement des prophètes : Dieu a été saisi d’amour pour sa créature, à ce point qu’il veut vivre avec, qu’il veut l’épouser. «  Et l’on appellera la Terre Epouse, car l’Eternel met son bonheur en toi, et la Terre aura un époux. Et comme la fiancée fait la joie de son fiancé, ainsi feras-tu la joie de ton Dieu » (Isaïe 62, 4-5). Le petit prophète Sophonie, après avoir jeté quatre chapitres de malédictions, s’exclame pour finir : voici que Yahvé danse de joie à venir vivre avec sa créature.</p>
<p>Tel est le mystère de la Création : Dieu aime un « autre » et se donne ainsi une image.</p>
<p>Cet autre, cependant il est impossible que, existant en tant qu’image, mais n’étant que créature avec sa finitude, puisse être le sujet porteur de la Divinité, de ses « énergies » infinies comme disaient les docteurs grecs. Sans perdre leur unité intérieure dans leur expansion, ces énergies alors se distribuent dans un couple, dont la complémentarité radicale garantit l’unité dans la communion créatrice. « Mâle et femelle il les créa » : dédoublement qui n’est pas fantaisie, mais est requis par la plénitude des ressources de chacun, sensibilité, imagination, intelligence, vouloir, spiritualité et déjà corporéité.</p>
<p>En telle conjoncture, il est évident que serait ruineuse, disons même dépourvue de sens, une division des fonctions en actives et passives, le mâle étant maître et jouisseur des activités, la femelle étant passive en état de réceptivité et de dépendance, depuis sa biologie jusqu’à la vie de son esprit et de ses passions, dans ses comportements personnels et sociaux. Ce vieux cliché, dont les résidus sont loin d’être expurgés, vont à l’encontre de la vérité de cette « image » divine, dont la composition n’a de réalité que dans la cohérence d’une euphorique réciprocité.</p>
<p>Il faut noter d’ailleurs que dans une entreprise créatrice, qui part de la matière et de niveau en niveau parvient à l’animal conscient et intelligent qu’est l’être humain, est engagée dans ce dédoublement même, la sexualité &#8211; admirable exaltation de la matière &#8211; dans la production de cette image. Ame et corps, dit-on : que cette expression, fâcheusement dualiste, ne nous dissimule pas la consubstantialité de la matière et de l’esprit, dans la constitution de l’être humain. N’est-ce pas par et dans la matière que cet être s’individualise et atteint alors, au sommet de lui-même, là où s’épanouit l’image de Dieu, sa personnalité. Humanisée en lui, la matière même entre dans le jeu de la divinisation.</p>
<p>Amour et fécondité ; ce sont les dynamismes conjoints par lesquels l’image se réalise, en poursuite de la communion première avec Dieu créateur, consentant aux épousailles de son Amour.</p>
<p>Dans cette condition « mystique » sont décidément misérables les propos et les malfaisances dont ne se dégage pas encore, dans le monde et dans l’Eglise, la définition du couple, en constitution de l’être humain. Que la référence au texte du récit biblique, dans une glose qui en dépasse la teneur immédiate, contribue à donner bonne santé à notre intelligence du « mystère ».</p>
<p>M.D.CHENU O.P.</p>
<p>(1)   Grâce au dialogue interreligieux, nous apprenons à nuancer cette affirmation d’exclusivité : en d’autres religions, il existe des textes où l’on parle d’un Dieu Amour. Et surtout, on constate que les maîtres spirituels et les grands mystiques dans ces religions vivent en profondeur une expérience analogue du divin, et ils en parlent en termes d’amour, de miséricorde, de paix et de joie intérieure. Plus on se rapproche de la Source, plus les différences s’estompent.</p>
<p>Article inédit du père Marie Dominique Chenu O.P. Paru dans le <em>Bulletin de Femmes et Hommes en Église</em> en février 1980</p>
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		<title>Inviter des Samaritaines à Assise (Alice Gombault)</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Feb 2002 12:34:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>FHEDLES</dc:creator>
				<category><![CDATA[textes en ligne]]></category>
		<category><![CDATA[dialogue interreligieux]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Paul II]]></category>

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		<description><![CDATA[Il faut être reconnaissant à Jean-Paul II d&#8217;avoir à nouveau invité les religions à prier pour la paix à Assise. La réponse à son invitation montre combien elle fût appréciée et perçue comme nécessaire. De fait, la période difficile que nous vivons, avec de nombreux foyers de guerre dans le monde et des enjeux planétaires [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut être reconnaissant à Jean-Paul II d&#8217;avoir à nouveau invité les religions à prier pour la paix à Assise. La réponse à son invitation montre combien elle fût appréciée et perçue comme nécessaire. De fait, la période difficile que nous vivons, avec de nombreux foyers de guerre dans le monde et des enjeux planétaires à ces divers conflits, justifiait une nouvelle réunion. L&#8217;opinion est devenue plus consciente de l&#8217;importance des religions dans les décisions politiques et dans les guerres. Les religions apparaissent parfois comme sources de conflit et bien souvent elles avivent et radicalisent les affrontements. Politique et religion se renforcent mutuellement, voire se confondent, faisant du Dieu dont on se recommande la raison ultime de la violence. Devant de telles dérives religieuses, il était urgent de se donner le temps d&#8217;une rencontre, d&#8217;une réflexion et d&#8217;une prière commune.</p>
<p>La phrase clé du discours de Jean-Paul II, prononcé à cette occasion, est unaninement approuvée : &laquo;&nbsp;Aucune finalité religieuse ne peut justifier la pratique de la violence de l&#8217;homme sur l&#8217;homme.&nbsp;&raquo; Mais comment concrètement mettre fin à cette violence de l&#8217;homme sur l&#8217;homme ?</p>
<p>Nous n&#8217;avons vu à Assise qu&#8217;un rassemblement d&#8217;hommes, responsables des religions. La religion serait-elle une affaire d&#8217;hommes seulement ? La paix ne concernerait-elle que les hommes ? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une manisfestation publique pour la paix à laquelle seuls des hommes sont conviés ? Que peut signifier une prière uniquement masculine pour la paix ? L&#8217;absence de la moitié féminine de l&#8217;humanité dans un rassemblement représentant un tel enjeu pose question. Les dérives intégristes des religions non seulement entraînent la guerre, mais attentent au statut des femmes. Si l&#8217;on jugeait la valeur d&#8217;une religion aux représentantations et aux images des femmes et à la place qu&#8217;elle leur reconnaît dans la société et en son propre sein, laquelle aurait le plus de motifs de fierté ?</p>
<p>Sans parler de la caricature religieuse qu&#8217;a donnée l&#8217;Afghanistan, réduisant les femmes à une quasi-inexistence sociale, ni des cas scandaleux qui éclatent ici ou là, comme cette femme du Nigéria condamnée par des religieux à la lapidation pour cause d&#8217;adultère ; restons-en à l&#8217;Eglise catholique initiatrice de cet &laquo;&nbsp;esprit d&#8217;Assise&nbsp;&raquo;, qui, en excluant les femmes de tout poste d&#8217;autorité et de représentation symbolique en son propre sein, parce que ceux-ci sont liés à l&#8217;ordination exclusivement réservée aux hommes, donne une image de ségrégation sexiste et ne se conforme pas à l&#8217;exigence de parité. Elle conforte ainsi une image de la femme inférieure et soumise.</p>
<p>N&#8217;y a-t-il pas quelque chose de vain à vouloir établir la paix entre les peuples , les races et les religions alors que celle-ci n&#8217;est pas établie au sein de cette relation fondamentale qui structure l&#8217;humanité, celle de l&#8217;homme et de la femme ? Car c&#8217;est là le coeur de la relation de l&#8217;homme à l&#8217;homme, où se joue si souvent la violence de l&#8217;homme sur l&#8217;homme. Une meilleure parité dans le domaine religieux manisfesterait la réconciliation possible. Car cette relation homme-femme, trop souvent matrice de toute violence, peut aussi devenir matrice de toute tendresse.</p>
<p>Pour être cohérente avec l&#8217;initiative d&#8217;Assise, il incombe à l&#8217;Église catholique de montrer l&#8217;exemple. Les femmes doivent trouver près d&#8217;elle un soutien pour développer la plénitude de leur humanité et de la grâce de leur baptême. Le christianisme ne manque pas de paroles prophétiques en ce domaine. La comportement de Jésus vis-à-vis des femmes, détonnant sur les habitudes de son temps, en est le fondement. Relisons l&#8217;histoire de la Samaritaine. Elle apporte quelque éclairage sur les conflits ethniques, interreligieux et sexistes que nous vivons. Voici la Samaritaine, réprouvée pour croyances hérétiques et condamnée pour mauvaise vie, entraînée dans une discussion profondémént théologique avec Jésus : &laquo;&nbsp;Où devons-nous aller pour trouver Dieu ?&nbsp;&raquo; Parce qu&#8217;elle était une femme et qu&nbsp;&raquo;elle appartenait à une communauté que les juifs regardaient avec méfiance, les disciples de Jésus s&#8217;étonnèrent de la voir converser avec lui si sérieusement. Les barrières etniques, religieuses, sexistes, qui de soi, sont violentes et sèment la division, bloquaient toute communication entre les disciples de Jésus et les Samaritains. Et pourtant, grâce à cette femme, qui, en conduisant son village à Jésus, est devenue première apôtre du Royaume, les disciples ont fait l&#8217;expérience de jouir pendant deux jours de l&#8217;hospitalité d&#8217;un peuple qu&#8217;ils considéraient comme des ennemis invétérés.</p>
<p>N&#8217;aurait-il pas été opportun d&#8217;inviter quelques Samaritaines à Assise ?</p>
<p>Alice Gombault &#8211; théologienne</p>
<p>Article paru dans <em>La Croix</em> du 14 Février 2002</p>
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