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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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A propos des Motu Proprio “Ministeria quaedam” et “Ad Pascendum”

FHE international, Bruxelles, 20 octobre 1972

« Editorial sous forme de lettre ouverte aux communautés chrétiennes »

Aujourd’hui, faisant effort sur nous-mêmes, car la tentation est grande de laisser tomber les bras et de poursuivre humblement à la base, une recherche qui est bloquée à la tête, sans plus nous soucier de prescriptions romaines tout à fait dépassées. . . Aujourd’hui, nous pensons qu’il faut parler. Qu’il nous faut dire simplement mais fermement que nous ne sommes pas d’accord. Et ce, à propos des Motu Proprio “Ministeria quaedam” et “Ad Pascendum” du 14 septembre 1972 ainsi que des “précisions” publiées par le Vatican à la suite des réactions provoquées par ces documents officiels. Nous parlons parc que nous gardons foi en Jésus-Christ et que nous tenons toute expression sincère pour un signe d’engagement.
Au fil des mois, les décisions romaines s’ajoutent les unes aux autres, exprimant la même méfiance, la même peur, le même refus d’un véritable dialogue. Sans doute, il serait erroné de dire que rien ne change, mais les changements proposés ont ceci de caractéristique qu’ils restent périphériques. Les points sur lesquels l’Eglise est interpellée par les hommes d’aujourd’hui sont précisément ceux où elle éprouve le plus de difficulté à se mettre résolument en question.
Dans les récents Motu Proprio, nous ne voyons pas clairement ce que devient le diaconat permanent restauré lors de Vatican II, pour être signe de service et de présence de l’Eglise dans des milieux qui lui sont trop souvent devenus étrangers. Faudra-t-il donc confirmer la clergification des diacres ? Nous savons que certains d’entre ceux qui se préparent au diaconat ont perçu les nouvelles règles proposées, et notamment l’exclusion des femmes, comme la preuve, réaffirmée, d’une mise à part, comme une perpétuation de privi1ège qu’ils récusent justement.
Avec d’autres, nous nous demandons pourquoi les femmes se trouvent, officiellement, exclues des “ministères” de lecteur et d’acolyte ? Pourquoi, devant les réactions provoquées par la publication du document tant de subtilité, à nouveau, pour distinguer entre ministres “institués” et ceux qui sont appelés à aider “occasionnellement” le prêtre ou le diacre dans leurs fonctions liturgiques ?

Et pourquoi les femmes pourront-elles ainsi continuer à assurer les lectures sur simple demande du célébrant alors qu’une demande officielle devra être adressée par l’évêque du lieu au Saint-Siège pour qu’une femme soit autorisée à distribuer la communion ?
Personne, à Rome, n’a-t-il perçu le scandale de telles dispositions et déclarations ? Y a-t-on perdu tout sens du ridicule ? Et, du reste, peut-on être “saint” si l’on est dénué de tout sens de l’humour ?
Vatican II a, par des textes admirables, reconnu l’entière dignité de toute personne, en même temps qu’il dénonçait toute discrimination fondée sur la race, le sexe, la naissance ? La discrimination fondée sur le sexe ne réapparaît que trop dans de telles dispositions et l’on conviendra qu’il est devenu impossible, et cela partout dans le monde, de persuader une personne qu’elle est pleinement digne mais cependant moins digne que les autres, puisqu’on la prive officiellement – à cause de son sexe – d’une reconnaissance accordée aux autres. Des femmes, de plus en plus nombreuses, exercent déjà des ministères, Elles ont la catéchèse, prennent la parole devant la communauté; elles préparent des liturgies, qu’elles peuvent même animer (comme dans les nombreuses messes de jeunes), ou bien elles aident le célébrant, ou bien même dûment mandatées par les évêques (comme en Amérique du Sud, en Afrique, en Europe dans certaines petites communautés) elles président, en l’absence de prêtres, l’assemblée dominicale où se fait l’annonce de la Parole et la distribution du Pain.
Nous avons honte. Nous avons mal. Honte entre nous, femmes et hommes, dans nos efforts sincères de reconnaissance et de respect mutuels, de collaboration vraie. Honte devant les jeunes: honte devant le fossé qui se creuse entre leur enthousiasme et leur engagement, d’une part et, d’autre part, les peurs, les réticences de l’institution qui ne pense qu’à employer les alibis, une casuistique totalement dépassée et irrecevable.
Puisqu’une commission consultative devait être réunie pour étudier la participation des femmes à la vie communautaire de l’Eglise, pourquoi avoir tant tardé à la convoquer ? On savait pourtant que des dispositions étaient à prendre, concernant plus directement les femmes. Et pourquoi tant de hâte (nous n’y sommes pas accoutumés) à décider, à trancher avant même que cette commission n’ait pu déposer ses conclusions, puisqu’elle n’a toujours pas été réunie ? Comme il sera difficile, dorénavant de susciter une recherche libre à l’intérieur de cette commission !

Nous sommes amenés à nous demander aussi pourquoi “la femme” est à ce point objet de blocage dans l’Eglise. Pourquoi sur cette question et sur celle de la sexualité y a-t-il immanquablement statisme, refus officiel, immobilisme ?
Pourquoi le réflexe de fuite devant l’entière reconnaissance des personnes féminines est-il si immanquablement lié à un réflexe hiérarchique d’autorité ? Il y a collusion entre la peur – non reconnue – de la Femme et l’autoritarisme sans dialogue préalable. L’Eglise est autoritaire et masculine; masculine et autoritaire.
Et si c’était justement sur ces questions-là aussi que le monde attend un signe de la part de l’Eglise ? Un signe de sa conversion ? Un signe qui lui permettrait de se reconnaître en elle ?
Les nombreux refus de la part de l’Eglise vis-à-vis de ce que le monde considère comme autant de valeurs positives (tels les combats pour la promotion des plus pauvres, pour l’égalité des personnes, telle la collaboration entre les personnes, la richesse du travail et des décisions en commun, etc.), ces nombreux refus ne trouvent-ils pas une de leurs causes profondes, un des lieux où ils s’imbriquent, dans cette question simple et pourtant essentielle, de la place des femmes dans l’Eglise ?
C’est en raison de tout cela que nous demandons à l’Eglise, non pas pour les femmes au premier chef, mais pour Elle-même, c’est-à-dire nous tous, le signe de sa conversion. Dans son dialogue avec les hommes et les femmes d’aujourd’hui, son dialogue avec les jeunes, il est des passages obligés. Des questions clés.
Nous demandons le signe de l’entière reconnaissance des femmes, la cessation de nouvelles mesures et décrets discriminatoires, parce que nous sommes convaincus que c’est le pas qui coûte le plus qui sauve le mieux.
Nous aspirons de toutes nos forces à une Eglise qui soit une communion véritable, dans le sacerdoce royal de tout le peuple de Dieu, où, femmes et hommes soient tous appelés au même titre à participer au ministère unique de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Le groupe international “Femmes et Hommes dans l’Eglise”.

[Paru dans Bulletin de FHE, n°3, 1972.]

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