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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Déclaration de David & Jonathan concernant le Synode romain sur la Famille

L’association de personnes homosexuelles en recherche spirituelle « David et Jonathan« , membre comme FHEDLES des Réseaux du Parvis, publie une belle et forte déclaration qui mérite d’être lue.

Déclaration de David & Jonathan concernant le Synode romain sur la Famille

16 janvier 2014, 09:50

Synode romain sur la Famille, David et Jonathan s’engage !

Depuis le Concile Vatican II (1962-1965), le pape a la possibilité de réunir une assemblée consultative d’évêques à Rome autour d’une question qu’il juge importante pour l’ensemble de l’Église catholique. Le Pape François a convoqué à l’automne dernier, une assemblé générale extraordinaire du Synode des Évêques du 5 au 19 octobre prochain autour du thème : « les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation ». Jusqu’au 15 janvier, les évêques français ont reçu des contributions avant envoi d’une synthèse à Rome dans le mois. Des groupes locaux de David et Jonathan (Paris Ile de France, Rennes, Nîmes, Toulouse, Vendée) ont fait parvenir des textes aux évêques de leur diocèse. Le Bureau National de D&J a publié ce texte en forme de synthèse.

Un sentiment de gratitude à l’égard de Rome entoure la réception d’un questionnaire rendu public, même si de nombreuses questions demeurent.


L’espoir réaliste d’être entendu

Pour certains membres, David & Jonathan, se doit d’être avant tout fidèle à ses 40 années d’histoire et assumer une cordialité « filiale » à l’égard d’une Église dont un nombre non négligeable de ses adhérents restent des fidèles engagés et pratiquants. L’association ne souhaite pas poursuivre l’objectif d’être une « paroisse homosexuelle » ou « Gay Church », dégagée des groupes confessionnels institués et historiques, en poursuivant seule sa route. Mais, elle veut chercher au maximum à garder des relations avec les Églises dont sont issus ses membres chrétiens. Et parmi les catholiques, le Synode romain est donc une occasion unique de s’exprimer en tant que baptisés membres responsables de leur Église. Le caractère historique de la démarche est même salué avec un relatif enthousiasme parmi nos membres.

S’agit-il enfin du signe de la mise en place d’une Église « Peuple de Dieu », fondée sur la collégialité épiscopale et la responsabilité des baptisés, dans l’esprit du concile Vatican II ?

Toutefois, d’autres membres expriment d’ores et déjà une inquiétude, en se référant à des expériences engagées, dans le passé ou en cours au sein de paroisses, de diocèses, de commissions ou de lieux académiques. Ils attendent surtout des actes et prennent d’ores et déjà date pour le synode à l’automne et celui qui vient en 2015, en craignant une déception des fidèles homosexuels si un aggiornamento ne se produit pas… Ils rappellent que nous nous sommes déjà exprimés sans avoir été entendus, dans les synodes locaux par exemple. Ces membres ont même eu le sentiment que notre parole pouvait être instrumentalisée dans des lieux de débats, qui donnent une image de pluralisme et de fonctionnement démocratique, mais qui n’aboutissent pas sur de substantiels changements et ne procurent qu’une satisfaction de façade.

Comment ne pas être tentés, tant du côté des responsables religieux que des chrétiens LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), de sombrer dans une forme de lassitude et de désintérêt mutuel ?

Sur ce point, le contexte français joue en la faveur du scepticisme et l’actualité récente hante encore les esprits de nos membres : la participation massive de l’appareil institutionnel catholique en faveur des mouvements politiques d’opposition au mariage pour tous, les prises de positions homophobes de certains ecclésiastiques et le refus de pluralisme au sein des communautés ont causé des blessures profondes dont on peine encore à évaluer en détails les conséquences, notamment chez les plus jeunes. David & Jonathan pose la question avec une grande inquiétude : le fossé ne grandit-il pas dangereusement aujourd’hui entre les homosexuels et l’Église catholique ? Néanmoins,

des textes comme celui du groupe famille de la Conférence des Évêques de France, « poursuivons le dialogue » (1), nous rappelle que le dialogue, même long et complexe, est nécessaire et peut être possible

Une Église missionnaire se doit d’être crédible dans son discours, surtout à l’égard des homosexuels.

Le questionnaire se situe résolument dans la problématique de mission de l’Église, et plus particulièrement, du pape Jean-Paul II au pape François, de « nouvelle évangélisation » dans le contexte de nos sociétés sécularisées. Cette question a particulièrement retenu notre attention car elle nous apparaît en effet cruciale : comment rendre crédible l’Évangile dans notre monde actuel ? Quelle Église peut porter la bonne nouvelle à nos contemporains, et parmi ces derniers, les homosexuels et leurs familles ?

Il apparaît que le modèle d’une Église trop traditionnelle, pensée comme « Mater et Magistra », se bornant à une approche seulement moralisante et légaliste, perçue comme infantilisante, listant des interdits, ne fonctionne plus dans notre société contemporaine fortement sécularisée, où l’autonomie est une valeur revendiquée et vécue positivement. Une pastorale de la discrimination est-elle payante ? Ne faut-il pas faire confiance aux communautés de base pour innover, expérimenter et évaluer les situations individuelles ?

Une Église qui propose, qui accompagne, qui fait vivre et qui est en relation avec ses fidèles  — celle que semble vouloir mettre en avant le pape François — nous semble plus en phase avec nos attentes.

À ce titre, beaucoup de membres expriment leur incompréhension, si ce n’est leur lassitude, devant certaines expressions, certaines formulations, tant dans les lineamenta que dans le questionnaire lui-même. La « loi naturelle » ou le « droit naturel », concepts certes issus de la théologie médiévale occidentale et encore présents dans les actes du Magistère, sont-ils vraiment encore au cœur de notre réflexion contemporaine ? Peut-on véritablement parler de couples « réguliers » ou « irréguliers » dans nos sociétés où la « règle », qui vaut n’est plus celle du droit canon mais bel et bien celle qui nous unit dans le droit démocratiquement ? Peut-on mettre sur le même plan parmi les problèmes pastoraux du monde contemporain des items aussi différents que les « phénomènes migratoires », la « polygamie », « certaines formes de féminisme » et les unions de personnes de même sexe ?


D’immenses marges de manœuvre pastorales

Au cours de l’élaboration des réponses aux questions posées, il est apparu que ce qui pose particulièrement problème à la pastorale des homosexuels, qu’ils soient en couple ou non, c’est la relative clandestinité avec laquelle elle s’organise. Les situations locales, les accommodements provisoires, la dépendance à l’égard de certains membres du clergé ou des ordres religieux, susceptible en permanence être rappelés ailleurs ou disparaître, ne sont aujourd’hui plus satisfaisants.

L’usage négocié, dans le secret des sacristies, peut-il protéger les plus faibles et les moins capables de nouer des contacts personnels avec les membres des institutions ?

N’est-il pas temps de mettre en lumière des règles explicitant comment on se doit de recevoir les homosexuels dans les paroisses, les mouvements diocésains et les écoles confessionnelles ?

De surcroît, la « tolérance », même appelée rapidement miséricorde, ne fonctionne plus lorsque dans le reste la société c’est l’inclusion qui prédomine de plus en plus. Peut-on être même réduit à son seul désir qualifié de « désordonné » dans sa propre Église et être, dans le même temps, un citoyen, sans plus ni moins de qualité morale, dans la société que nous formons avec les autres ?

Ne peut-on confier à des personnes référentes spécifiquement l’accueil des homosexuels et de leur famille ? N’y a-t-il pas là un sujet dont pourraient s’emparer les services de pastorale de la famille voire, au niveau national, la Conférence des Évêques et sa commission en charge des questions familiales. Les couples homosexuels chrétiens ont souvent le sentiment, à l’instar des couples de divorcés remariés, d’être des clandestins dans leur propre Église. Ils vivent des enseignements et des rites de leur Église dans l’ombre, n’osant apporter leur propre contribution ou se mettant de côté dans un silence gêné et coupable. David & Jonathan, avec ses 40 ans d’accompagnement de personnes homosexuelles et de leur entourage, se tient en tout cas à disposition pour offrir ses compétences.


Au-delà de la pastorale, un appel à approfondir la doctrine ?

Si la pastorale, tout particulièrement celle qui concerne les divorcés-remariés ou les homosexuels, évolue, n’éclairera-t-elle pas sous un jour nouveau les faiblesses de l’enseignement moral traditionnel ? À l’image d’un Jésus pour qui les personnes passent avant les règles au nom du primat de la loi d’amour et qui révèle, sous un nouveau jour, la loi juive… David & Jonathan a la spécificité de partir de ce qui est vécu et exprimé sur le mode du témoignage. L’association laisse à d’autres plus qualifiés le soin de produire des savoirs d’exégèse et de théologie, mais souhaite, avant tout, partir de ce qui est exprimé sur le mode du témoignage.

Elle est néanmoins sensible à la façon dont les références qui servent au débat mériteraient un examen objectif et approfondi par des personnes de qualité, formées en exégèse, en théologie et dans les sciences humaines et sociales contemporaines. Si l’Église catholique est en difficulté avec certaines normes familiales contemporaines, n’est-ce pas parce que la libre réflexion est interdite aux théologiens et aux exégètes depuis quarante ans, à qui on a interdit de travailler au nom de la liberté académique sur les questions les plus brûlantes ? Deux chantiers apparaissent particulièrement importants : la théologie sacramentelle et la théologie de la sexualité.

Peut-on encore s’interdire de penser librement dans le domaine si complexe de l’éthique sexuelle et familiale, alors qu’en quelques décennies, tous nos repères traditionnels, même ceux venant de la médecine ou de la psychologie, ont été ré-interrogés ? N’est-il pas temps de se doter de référentiels plus en phase avec les connaissances contemporaines ?

David & Jonathan se reconnaît également dans l’esprit de deux déclarations produites récemment par des mouvements chrétiens d’ouverture : 

– la synthèse publiée par la Conférence Catholique des BaptiséEs francophone sur leur site (2),
– la réponse publiée par l’association Femmes, Hommes, Droits et Libertés dans les Églises « nous nous réjouissons » (3).

*****
(1) Conseil Famille et Société de la Conférence des Évêques de France, « Poursuivons le dialogue », Perspectives après le vote de la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, 4 juin 2013, texte en ligne sur le site de la CEF, adresse URL : http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/poursuivons-le-dialogue–16606.html.
(2) http://www.baptises.fr/?p=8887
(3) http://fhedles.fr/affiche/notre-reponse-au-questionnaire-sur-la-famille-fhedles/

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