Bienvenue sur le site FHEDLES

L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

Connexion des membres

Perdu ses identifiants?

Enregistrement clos

La création de nouveaux comptes n'est pas possible actuellement, merci de votre compréhension

Des femmes ordonnées prêtres dans l’Eglise anglicane mais encore discriminées (GJD)

Depuis 1994 des femmes sont ordonnées prêtres dans l’Église anglicane[i]. L’opposition à la présence de femmes prêtres n’est plus générale mais localisée à certaines régions. La discrimination envers elles perdure pourtant, tout spécialement envers les prêtres mères. C’est ce qui ressort des entretiens approfondis menés par la sociologue Sarah Jane Page auprès de 17 femmes prêtres, dont les résultats sont publiés dans le dernier numéro de l’excellente revue Travail, genre et sociétés[ii].

Une dérogation au droit du travail

L’Église d’Angleterre bénéficie d’une dérogation au droit du travail pour tout ce qui contredirait sa doctrine. Elle peut ainsi permettre à un évêque de refuser d’ordonner une femme et à un prêtre homme de demander à rejoindre un diocèse qui n’ordonne pas de femmes. L’Eglise interdit aussi aux femmes de devenir évêques[iii].

La marge de manœuvre des femmes est plus grande quand elles sont responsables de paroisse

Concrètement, la situation des femmes prêtres dépend beaucoup des dispositions de leur supérieur direct, surtout s’il est proche. Occuper une fonction dans l’administration du diocèse réduit les marges de manœuvre des femmes. De même dans les paroisses, certains hommes curés qui peuvent compter sur une épouse pour l’entretien du foyer, rechignent par exemple à modifier les horaires de la prière en faveur de femmes vicaires en charge de jeunes enfants. La meilleure position semble être celle de responsable de paroisse : le supérieur direct est loin et l’autonomie d’autant plus grande.

Un club d’hommes où il faut faire preuve d’une « féminité convenable »

Mais les réunions de doyenné et autres rencontres de confrères sont autant d’occasions de rappeler aux femmes qu’elles sont dans un club d’hommes où elles doivent faire leurs preuves et parfois revendiquer leur intégration dans les « comités d’Eglise » qui procèdent notamment aux recrutements. L’auteure remarque un cercle vicieux : les femmes ne sont pas appelées à siéger dans ces comités au motif qu’elles manquent d’expérience à des positions d’autorité mais ces comités sont précisément les viviers d’où les ministres sont appelés à des postes d’autorité.

Dans les diocèses les plus misogynes, les femmes prêtres doivent régulièrement faire preuve d’une « féminité convenable » pour faire admettre leur point de vue : se présenter comme inoffensives, manier l’humour, être modérées dans leurs demandes et humbles dans la réussite.

La maternité perçue comme perturbatrice et sans fruits spirituels

L’expérience de la maternité peut être perçue par les responsables ecclésiastiques comme un handicap pour postuler à une fonction et comme une perturbation de l’organisation pour une prêtre en fonction. Heureusement une politique unifiée de congé maternité a été mise en place récemment dans l’Eglise d’Angleterre.

Pour les premières femmes prêtres la discrimination a été forte. L’une d’elles n’a pu suivre dans de bonnes conditions sa formation théologique car aucune étude à temps partiel n’était prévue à cette époque pour les femmes enceintes. Une autre a vu son ordination repoussée car sa grossesse avancée risquait de déranger la cérémonie. Et après son accouchement il lui fut annoncé que son poste était supprimé.

Au retour de congé maternité, il arrive souvent que l’on demande aux femmes de reprendre une fonction à temps plein avec parfois la pression que le logement est attaché à la fonction. Quand le superviseur est coopératif, la reprise se fait au contraire progressivement. Mais pour certaines femmes pèse toujours le soupçon que, distraites par leurs enfants, elles ne pourront mener à bien leur mission.

Pour aller plus loin il faudrait savoir si la maternité est perçue comme positive pour exercer le ministère de prêtre. Lors d’un comité de sélection, le dialogue suivant fait s’interroger l’auteure :

–        Un homme dans le comité : « Au cours de vos deux dernières années, qu’est-ce qui a influencé le plus profondément votre spiritualité ? ».

–        La femme candidate : « Le fait d’être mère »

–        L’homme : « Mais est-ce que ça ne va pas aliéner les gens si c’est ce que vous prêchez ? »

 

Compte-rendu de lecture par Gonzague JD


[i] Voir l’histoire de la fin de cette exclusion dans MERCIER Jean, Des femmes pour le royaume de Dieu, Paris, Albin Michel, 1994

[ii] Sarah Jane PAGE, « Femmes, mères et prêtres dans l’Eglise d’Angleterre. Quels sacerdoces ! », Travail, genre et sociétés n° 27, avril 2012, p. 55-71.

[iii] La situation évolue sur ce point, au risque du schisme entre les Eglise de la communion anglicane d’une part et du départ de certains pasteurs et fidèles vers l’Eglise catholique d’autre part. Nous devrions voir des femmes évêques en 2014.

Partager ce contenu
  • Facebook
  • email
  • Print

- Espace membres - Copyright FHEDLES 2017 - Tous droits réservés - Création Effet i Média
Plan du site      Mentions légales      RSS