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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Europe : pour un dialogue des « convictions » (Bernard Quelquejeu)

« […] Nous avons compris que l’expression ‘dialogue interreligieux’ ne nous convenait pas, puisqu’il excluait celles et ceux d’entre nous qui ne se reconnaissent pas comme appartenant ou référés à une religion instituée : nous avons commencé à parler de nos convictions respectives, de groupes de conviction, et à nous comprendre comme pratiquant un ‘dialogue interconvictionnel’. […] »

Bernard Quelquejeu, membre de FHEDLES, est intervenu à journée d’Études organisée par le G3i le 24 janvier au Conseil de l’Europe sur le thème  « Devenir citoyen(ne)s d’une Europe plurielle ».

Découvrez ici quelques extraits du tout début de son intervention. Nous vous invitons à télécharger le texte intégral beaucoup plus riche et mieux articulé.

Dialogue entre convictions, pas seulement entre religions

Notre groupe de travail – le G3i – est composé à la fois de femmes et d’hommes se réclamant de traditions religieuses diverses (chrétiennes, juives, musulmanes, un peu plus tard bouddhiques), et de membres qui ne se comprennent pas en référence à une problématique religieuse, et qui se sont associés à partir de croyances et de convictions communes, humanistes, philosophiques, agnostiques, ou autres. Très vite, au cours de nos échanges, nous avons compris que l’expression ‘dialogue interreligieux’ ne nous convenait pas, puisqu’il excluait celles et ceux d’entre nous qui ne se reconnaissent pas comme appartenant ou référés à une religion instituée : nous avons commencé à parler de nos convictions respectives, de groupes de conviction, et à nous comprendre comme pratiquant un ‘dialogue interconvictionnel’.

Qu’est-ce qu’une conviction ?

Une conviction, c’est un acquiescement de l’esprit appuyé sur des justifications jugées suffisantes pour entraîner l’adhésion. Cette signification couvre en français l’espace compris entre une limite supérieure, qui est la certitude, l’assurance inébranlable (« j’en ai la conviction » = « j’en mettrai ma main au feu »), et une limite inférieure, une approbation réfléchie, au terme d’une recherche ou d’un examen attentif, assez ferme pour justifier l’engagement pour une cause, mais n’excluant pas totalement toute trace de doute ou au moins la possibilité de remise en question.

Insistons sur quelques aspects notables de cette définition. C’est un acquiescement de l’esprit, non de la pure raison. La conviction n’est pas le savoir, dont la caractéristique est la certitude objective. Le principe d’Archimède ou la loi de Mariotte ne sont pas objets de conviction, mais de savoir. La conviction est bien un acte de tenir-pour-vrai (en allemand Fürwahrhalten), une créance (au sens où Descartes parle de recevoir en-sa-créance), mais elle comporte aussi un engagement de la volonté, appétit du Bien, dans la mesure où l’objet de la conviction suscite l’aspiration et recèle un goût, une appréciation positive.

Il est utile de préciser encore un peu. La conviction dit plus que la persuasion, laquelle ne repose que sur une adhésion subjective, jugée suffisante présentement pour moi, mais non susceptible d’entraîner l’adhésion de tous. Elle dit beaucoup plus que l’opinion, qui est une créance faible, incertaine, réfutable, n’ayant pas fait l’objet d’un examen critique suffisant.

Ajoutons enfin que la conviction peut s’appliquer à de larges secteurs de l’existence personnelle et sociale. On parlera à juste titre de convictions en matière de mœurs, de convictions morales, de convictions sociales, de convictions politiques, de convictions religieuses, de convictions spirituelles. Au terme de ce bref examen, il semble bien que l’expression de « groupe de convictions » soit pertinente, et bien adaptée pour désigner à la fois les « églises et les associations ou communautés religieuses » de l’art.17 §1 du Traité de l’Union Européenne et aussi les « organisations philosophiques, humanistes, non-confessionnelles » de l’art.17 §2, celles qui sont issues de traditions diverses et exprimant divers courants culturels ou spirituels présents dans notre vieille Europe.

télécharger le texte intégral

 

Bernard Quelquejeu est l’auteur du récent : Sur les chemins de la non violence. Études de philosophie morale et politique. Vous en trouverez une présentation ici en pièce jointe.

 

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