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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Inviter des Samaritaines à Assise (Alice Gombault)

Des rencontres interreligieuses pour la paix... sans les femmes

Il faut être reconnaissant à Jean-Paul II d’avoir à nouveau invité les religions à prier pour la paix à Assise. La réponse à son invitation montre combien elle fût appréciée et perçue comme nécessaire. De fait, la période difficile que nous vivons, avec de nombreux foyers de guerre dans le monde et des enjeux planétaires à ces divers conflits, justifiait une nouvelle réunion. L’opinion est devenue plus consciente de l’importance des religions dans les décisions politiques et dans les guerres. Les religions apparaissent parfois comme sources de conflit et bien souvent elles avivent et radicalisent les affrontements. Politique et religion se renforcent mutuellement, voire se confondent, faisant du Dieu dont on se recommande la raison ultime de la violence. Devant de telles dérives religieuses, il était urgent de se donner le temps d’une rencontre, d’une réflexion et d’une prière commune.

La phrase clé du discours de Jean-Paul II, prononcé à cette occasion, est unaninement approuvée : « Aucune finalité religieuse ne peut justifier la pratique de la violence de l’homme sur l’homme. » Mais comment concrètement mettre fin à cette violence de l’homme sur l’homme ?

Nous n’avons vu à Assise qu’un rassemblement d’hommes, responsables des religions. La religion serait-elle une affaire d’hommes seulement ? La paix ne concernerait-elle que les hommes ? Qu’est-ce qu’une manisfestation publique pour la paix à laquelle seuls des hommes sont conviés ? Que peut signifier une prière uniquement masculine pour la paix ? L’absence de la moitié féminine de l’humanité dans un rassemblement représentant un tel enjeu pose question. Les dérives intégristes des religions non seulement entraînent la guerre, mais attentent au statut des femmes. Si l’on jugeait la valeur d’une religion aux représentantations et aux images des femmes et à la place qu’elle leur reconnaît dans la société et en son propre sein, laquelle aurait le plus de motifs de fierté ?

Sans parler de la caricature religieuse qu’a donnée l’Afghanistan, réduisant les femmes à une quasi-inexistence sociale, ni des cas scandaleux qui éclatent ici ou là, comme cette femme du Nigéria condamnée par des religieux à la lapidation pour cause d’adultère ; restons-en à l’Eglise catholique initiatrice de cet « esprit d’Assise », qui, en excluant les femmes de tout poste d’autorité et de représentation symbolique en son propre sein, parce que ceux-ci sont liés à l’ordination exclusivement réservée aux hommes, donne une image de ségrégation sexiste et ne se conforme pas à l’exigence de parité. Elle conforte ainsi une image de la femme inférieure et soumise.

N’y a-t-il pas quelque chose de vain à vouloir établir la paix entre les peuples , les races et les religions alors que celle-ci n’est pas établie au sein de cette relation fondamentale qui structure l’humanité, celle de l’homme et de la femme ? Car c’est là le coeur de la relation de l’homme à l’homme, où se joue si souvent la violence de l’homme sur l’homme. Une meilleure parité dans le domaine religieux manisfesterait la réconciliation possible. Car cette relation homme-femme, trop souvent matrice de toute violence, peut aussi devenir matrice de toute tendresse.

Pour être cohérente avec l’initiative d’Assise, il incombe à l’Église catholique de montrer l’exemple. Les femmes doivent trouver près d’elle un soutien pour développer la plénitude de leur humanité et de la grâce de leur baptême. Le christianisme ne manque pas de paroles prophétiques en ce domaine. La comportement de Jésus vis-à-vis des femmes, détonnant sur les habitudes de son temps, en est le fondement. Relisons l’histoire de la Samaritaine. Elle apporte quelque éclairage sur les conflits ethniques, interreligieux et sexistes que nous vivons. Voici la Samaritaine, réprouvée pour croyances hérétiques et condamnée pour mauvaise vie, entraînée dans une discussion profondémént théologique avec Jésus : « Où devons-nous aller pour trouver Dieu ? » Parce qu’elle était une femme et qu »elle appartenait à une communauté que les juifs regardaient avec méfiance, les disciples de Jésus s’étonnèrent de la voir converser avec lui si sérieusement. Les barrières etniques, religieuses, sexistes, qui de soi, sont violentes et sèment la division, bloquaient toute communication entre les disciples de Jésus et les Samaritains. Et pourtant, grâce à cette femme, qui, en conduisant son village à Jésus, est devenue première apôtre du Royaume, les disciples ont fait l’expérience de jouir pendant deux jours de l’hospitalité d’un peuple qu’ils considéraient comme des ennemis invétérés.

N’aurait-il pas été opportun d’inviter quelques Samaritaines à Assise ?

Alice Gombault – théologienne

Article paru dans La Croix du 14 Février 2002

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