Bienvenue sur le site FHEDLES

L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

Connexion des membres

Perdu ses identifiants?

Enregistrement clos

La création de nouveaux comptes n'est pas possible actuellement, merci de votre compréhension

Joseph, l’anti-Adam, face à l’arbitraire des maris (PhiG)

Commentaire féministe de la Bible – Matthieu 1,8-25

Pour toute personne un peu engagée ou sensibilisée sur les questions de violences conjugales, la lecture de la péricope où Joseph accepte finalement d’accueillir Marie, quoiqu’elle soit enceinte avant d’avoir habitée avec lui, suscite un malaise. Il est dit de Joseph qu’il « était un homme juste » (Mt 1,19), parce qu’il ne voulait pas « diffamer [Marie] publiquement », mais il comptait tout de même la répudier secrètement. Que ce serait-il passé alors ? Marie se serait retrouvée fille-mère. C’est-à-dire, dans la société de son époque, marginalisée, sans parler de la précarité économique à laquelle elle serait condamnée aujourd’hui encore. La situation que pouvait suspecter Joseph est décrite dans le Deutéronome : si une jeune fille vierge fiancée à quelqu’un est surprise avec un autre entrain de coucher, si c’est dans la ville et que la fille ne s’est pas défendue, n’a pas criée, ils seront lapidéés toutses les deux, si c’est dans la campagne, on suppose qu’on n’a pas pu entendre les cris de la fille, et seul l’homme est lapidé (Dt 22,23-27). Joseph n’a pas surpris de « flagrant délit ». Mais le fait que Marie soit enceinte démontre en toute logique que Marie a couché avec un autre homme. Bien que chez Matthieu, il semblerait que Marie et Joseph vivaient à Bethléem, donc en ville, au moment de la naissance de Jésus, Joseph semble préférer appliquer la jurisprudence de la campagne en ne « diffamant » pas publiquement Marie, ce qui l’aurait condamnée à la lapidation. Mais en même temps, dans son premier mouvement, il n’accorde pas à Marie la possibilité d’avoir été violée, puisque dans ce cas elle n’aurait pas été fautive de se retrouver enceinte, et rien ne justifierait qu’il la répudie. Quoiqu’il en soit de la loi de l’époque et de la manière avec laquelle elle était appliquée, quoiqu’il en soit de la manière avec laquelle Joseph comptait l’appliquer et ce qu’il en fit finalement en obéissant à l’ange, le malaise que suscite la situation vient de l’asymétrie qu’il existe entre Marie et Joseph. Marie dépend totalement de l’arbitraire de Joseph, qu’il soit juste ou pas. D’abord le mariage qui était prévu entre elleux ne semble pas avoir été un choix commun, mais plutôt un mariage arrangé, pour ne pas dire forcé : « Marie (…) était accordée en mariage à Joseph » (Mt1,18). Depuis que ce mariage a été prévu, Marie, comme toutes les femmes de son temps, est devenue comme la propriété de Joseph. Le décalogue, dans le Deutéronome (Dt 5,18) comme dans l’Exode (Ex 20,14), condamnent dans une même phrase le vol et la convoitise de la femme de son prochain. Il y a asymétrie entre mari et femme, et la femme est considérée comme la propriété de son mari. Le mot « mari » se dit « Baal », c’est à dire « maître ». C’est toujours le cas en israélien moderne.

Nous sommes dans une société particulièrement patriarcale, où la domination masculine est acceptée et courante, inscrite dans la loi, et la loi sacrée, et appliquée au quotidien. Joseph en tant qu’homme fait donc partie des dominants. Une femme lui a été accordée, déjà il en est le maître, le Baal, le propriétaire. Comment agit-il depuis sa position de dominant? L’évangile ne dit pas de lui qu’il est le maître de Marie, mais son époux. Le vocable époux/épouse, au contraire du vocable mari/femme, établi une symétrie et une réciprocité entre les partenaires du couple. Y compris en hébreux (‘.Y.Sh / Y.Sh.Ha). De nombreux commentateurs y ont d’ailleurs trouvé un jeu de mot : les deux mots comportent le même nombre de lettre, trois, mais diffèrent chacun d’une lettre, Aleph chez ‘Ych (époux), et He chez YchHa (épouse). En réunissant les deux lettres qui manquent à l’autre, on obtient HA, un des noms de Dieu, qu’on retrouve dans AlleluyHA, ou même dans Jésus (JoshouHA). Pourtant Joseph, époux, envisage de répudier Marie, son épouse. Ce faisant il agit de manière « juste » au regard de la loi du Deutéronome. Mais Jésus, le fils qu’il accueillera finalement, a pris position vis-à-vis de cette loi qu’on attribuait à Moïse (Mt,5,31-32 ; Mt19,1-12 ; Mc10,1-12 ; Lc16,18). Pour justifier le contredit qu’il fait à la loi de Moïse, Jésus se réfère à la création de l’humanité : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, les fit mâle et femelle et qu’il a dit : C’est pourquoi l’homme s’attachera à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni ! » (Mt 19,4-6). Jésus fait donc la synthèse entre les deux mythes des commencements : d’une part dans le récit de la création en sept jours, l’humain a été créé mâle et femelle à l’image de Dieu, et d’autre part dans le récit du jardin et du fruit, Adam reconnaît en Ève « la chair de sa chair », il la nomme alors « épouse » (YChHa), et se nomme lui-même « époux » (‘YCh).

[…] Nommer systématiquement Joseph « époux de Marie » (Mt1,16 ; Mt1,19) et Marie « épouse de Joseph » (Mt1,20), suggère que ce couple reflète la réciprocité originelle entre femme et homme, avant que s’introduise la méfiance et la violence. […]

Philippe

Pour lire la suite de l’article, allez sur le blog « Pour un féminisme catholique » : http://pourunfeminismecatholique.blogspot.fr/2013/07/joseph-lanti-adam-face-larbitraire-des.html

Partager ce contenu
  • Facebook
  • email
  • Print

- Espace membres - Copyright FHEDLES 2017 - Tous droits réservés - Création Effet i Média
Plan du site      Mentions légales      RSS