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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Judaïsme : des femmes pour l’égalité (Gonzague JD)

Comme dans les Eglises chrétiennes, l’autonomie des femmes est souvent entravée dans les communautés juives, plus particulièrement dans le judaïsme orthodoxe (majoritaire en France et en Israël) malgré le remarquable plaidoyer de Joëlle Bernheim, épouse du Grand Rabbin de France Gilles Bernheim, qui s’inspire de certaines réflexions de Kolech, un forum israélien de femmes juives orthodoxes et féministes fondé par Hanna Kehat.

Dans la Halakha (loi juive) telle qu’elle est souvent comprise aujourd’hui, les femmes ont moins de devoirs et moins de droits que les hommes. Les Juives (et les Juifs) qui luttent pour l’égalité souhaitent que les femmes soient pleinement admises dans toute la vie spirituelle d’Israël : l’étude du Talmud, l’accès à l’espace central de la synagogue, la participation à la prière publique, la lecture publique des rouleaux de la Torah (« la montée à la Torah ») et l’explication de la Loi, l’ordination comme rabbins. Elles (et ils) soutiennent aussi la capacité religieuse des femmes à témoigner, la parité dans les institutions communautaires, la mixité, l’égalité dans le mariage (notamment le divorce religieux, que le mari – et lui seul – peut refuser dans le courant orthodoxe), et la lutte contre les violences conjugales.

En France de nombreuses femmes juives militent depuis le 19e siècle dans des groupes féministes non confessionnels[1] mais il n’y a jamais eu de groupe féministe juif stable. Sont présentées ici des femmes juives qui contribuent à la libération de leurs sœurs : les premières femmes rabbins de France et les communautés qui soutiennent leur légitimité ; les principales actrices du Comité pour l’éligibilité des femmes aux élections consistoriales du Bas Rhin ; et le service d’écoute communautaire pour les femmes victimes de violences conjugales.


LES FEMMES RABBINS

L’histoire de l’ordination de femmes rabbins est présentée ici par le rabbin Yeshaya Dalsace.

En France, seules des communautés juives libérales (minoritaires) ont ordonné des femmes rabbins. On en compte trois à ce jour. La première, Pauline Bebe, a « essuyé les plâtres ».

Pauline Bebe

Pauline Bebe est la première femme rabbin en France. Elle prend ses fonctions à Paris en 1990 au sein du Mouvement juif libéral de France (MJLF) qui la licencie en 1995. Elle crée alors la Communauté juive libérale d’Ile-de-France (CJL). Elle a publié en 2001 l’important Isha, Dictionnaire des femmes et du judaïsme. Voir son portrait en 1995 dans Libération, l’article de L’Express et sa conférence sur le livre de la Genèse en vidéo.

Célia Surget

Célia Surget a été ordonnée en 2007 au sein du Mouvement juif libéral de France (MJLF). Elle est le rabbin responsable du Centre Communautaire de la rue du Surmelin (Paris 20e) et le rabbin référent du Talmud-Tora du MJLF. Son désir d’être rabbin ? Il date d’une messe à laquelle elle accompagnait une amie : elle eut envie de faire « pareil que le prêtre mais dans la religion juive » ! Voir l’article du Figaro, celui de Témoignage chrétien, et le reportage de Rue89 .

Delphine Horvilleur

Delphine Horvilleur a été ordonnée rabbin en 2008 aux Etats-Unis et exerce depuis au sein du Mouvement juif libéral de France (MJLF). Elle enseigne depuis plusieurs années la pensée juive et le midrash (littérature rabbinique). France 2 lui a consacré un reportage et Terra-femina un article.

Sa conférence « La vie intime des femmes. Le mikvé, rituel de pureté de la vie juive » (69 min) est dans cette vidéo.

POUR LA DEFENSE DES DROITS DES FEMMES

Trois personnes ont animé le Comité pour l’éligibilité des femmes aux élections consistoriales du Bas Rhin et rédigé le Guide du divorce religieux (guèt) en France : Sonia Sarah Lipsyc, Janine Elkouby et Annie Dreyfus.

Sonia Sarah Lipsyc

Sonia Sarah Lipsyc a d’abord exercé les métiers du théâtre. Docteure en sociologie, elle est membre associé du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités CNRS (Paris). Elle enseigne aussi l’exégèse juive.

En 2009, elle crée ALEPH – un Centre d’études juives contemporaines à Montréal – à la demande de la communauté sépharade unifiée du Québec (CSUQ). Engagée en faveur de l’avancée des droits des femmes au sein du judaïsme (voir interview), auteure de plusieurs articles et livres sur la question, elle a coordonné le colloque « Femmes et judaïsme dans la société contemporaine » en 2004 au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme qui déclencha une mobilisation pour développer l’accès féminin à l’étude du Talmud. Depuis mars 2007, elle rédige dans L’Arche, mensuel du judaïsme français, une chronique sur l’évolution du statut des femmes au sein du judaïsme orthodoxe. Elle a aussi dirigé une grande enquête : « Femmes et judaïsme en France. Un état des lieux : 2005-2006 » dans le cadre de la WIZO, portant notamment sur le divorce religieux (guet), les violences faites aux femmes, la parité dans les institutions communautaires, la mixité dans les communautés juives. Sa conférence « Pour un combat d’équité. Les femmes au sein du judaïsme français » (54 min) est dans cette vidéo.

Janine Elkouby

Elle dut batailler ferme pour être la première femme élue au Consistoire israélite du Bas-Rhin (terre concordataire) dont elle est aujourd’hui vice-présidente. Agrégée de lettres, elle est membre du Département d’études hébraïques et juives de l’Université de Strasbourg, présidente du Groupe de liaison juif féminin (GLIF) et déléguée du Conseil international des femmes juives au Conseil de l’Europe.

Annie Dreyfus

Avocate, spécialiste du droit de la famille, elle a fondé le Centre de Formation des droits des femmes. Elle intervient notamment sur les questions de divorce religieux.

Mentionnons encore :

Liliane Vana

Docteure en sciences des religions, spécialiste en droit hébraïque, elle est l’auteure de plusieurs articles sur le droit hébraïque et s’engage dans la défense des femmes juives. Voici la vidéo de sa conférence donnée avec Annie Dreyfus et Janine Elkouby sur le thème : « Divorces religieux, Guet et Agouna : quelle liberté pour la femme » (54 min)

CONTRE LA VIOLENCE CONJUGALE

L’association juive NOA « Oser le dire », présidée par Sarah Cohen, accompagne les femmes victimes de violences conjugales depuis 2009, suite à l’enquête de la Women International Zionist Organisation – France (WIZO France) présidée par Nathalie Cohen-Beizemann. Une ligne d’écoute est disponible au : 01.47.07.39.55 (du lundi au jeudi, de 10H00 à 15H00).

*

Enfin, parmi les soutiens masculins, mentionnons le rabbin Yeshaya Dalsace, du courant massorti, rabbin de la communauté DorVador à Paris (20e) et de Judaica à Marseille.

LIVRES UTILES

  • BEBE Pauline, Qu’est-ce que le judaïsme libéral ?, Paris : Calmann-Lévy, 2006
  • BEBE Pauline, Isha, Dictionnaire des femmes et du judaïsme, Paris : Calmann-Lévy, 2001. [Voir la recension dans la revue Clio].
  • BITTON Michèle, Présences féminines juives en France, XIXe–XXe siècles : cent itinéraires, Pertuis : 2M éd., 2002
  • ELKOUBY Janine et LIPSYC Sonia Sarah (dir.), Revue Pardes, n° 43 : Quand les femmes lisent la Bible, Paris : In Press, 2007.
  • LIPSYC Sonia Sarah, DREYFUS Annie, ELKOUBY Janine, Le Guide du divorce religieux (« guet ») en France, préface du Grand Rabbin Michel Gugenheim, Paris : WIZO et Consistoire de Paris Ile-de-France, 2007, 16 pages.
  • LIPSYC Sonia Sarah, « Les droits des femmes au sein du judaïsme français : avancées et résistances », Tsafon, Revue d’Etudes juives du Nord, n° 54, Université de Lille, 2007, p 79-94.
  • LIPSYC Sonia Sarah (dir.), Femmes et judaïsme aujourd’hui. Actes du colloque « Femmes et judaïsme dans la société contemporaine au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme de Paris en mars 2004, Paris : In Press, 2008. [Voir la recension dans la revue Archives des sciences sociales des religions, n° 148, 2009]
  • WACKER Marie-Theres, « Théologie féministe et antijudaïsme. Mise à jour et évaluation de la situation en République fédérale allemande », Recherches féministes : « L’autre salut », 1990, vol. 3, n° 2, p. 155-163 [L’auteure est une théologienne allemande chrétienne membre de l’AEFRT. Rare article en français sur cette question sensible[2]]

[1] Par exemple : hier la grande Cécile Brunschvicg et aujourd’hui Malka Markovich, Présidente du Mouvement pour l’Abolition de la Prostitution et de la Pornographie (MAPP).

[2] La tentation de la théologie féministe est, d’après M.T. Wacker : d’opposer un « Dieu patriarche » dans la Première Alliance à un « Jésus féministe » ; de relativiser l’existence concrète de Jésus comme Juif en relativisant sa masculinité ; de rendre les Hébreux responsables de l’élimination de la « Déesse » (qui aurait été le culte suprême des supposées communautés matriarcales des origines de l’humanité) et responsables du patriarcat dans l’Eglise sans nous interroger sur nos propres responsabilités ; d’opposer, comme certaines féministes post-chrétiennes, le symbole d’un dieu dominateur de sa création au symbole d’une déesse ne faisant qu’une avec le cosmos. Elle suggère que l’abolition des images dans la Torah devrait permettre aux Chrétiens et aux Juifs de relativiser à la fois les métaphores masculines et les métaphores féminines de Dieu.

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