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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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L’audace des femmes dans la Bible (Alice Gombault)

Parution de "La Bible à livre ouvert"

Le soir de Noël 2009, un cortège de dignitaires s’avance, mitre en tête, dentelles et brocarts, crosse… Une femme « déséquilibrée » sautant prestement une barrière agrippe Benoît XVI l’entraînant dans sa chute et, avec lui, une partie du cortège, empêtrée dans ses ornements, s’effondre comme un château de cartes. N’y a-t-il pas là un signe qui nous interroge ?

Jésus dénonce les scribes et les Pharisiens qui portent phylactères et franges bien visibles pour montrer à tous l’étendue de leur piété (Matthieu 23, 1-7). Il leur reproche d’aimer occuper les premières places dans les synagogues et les festins et de se faire reconnaître comme « Rabbi » sur les places publiques. Ce statut de maître les incite à « lier de pesants fardeaux et à les imposer aux épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent de les remuer du bout du doigt ». C’est tout cela que nous avons vu s’effondrer symboliquement le soir de Noël, et par la grâce d’une femme : le goût de l’apparat et de la richesse, l’imposition de normes morales intenables pour beaucoup, la prétention de détenir la vérité… Cette femme n’avait probablement pas eu l’intention d’agresser physiquement le pape, peut-être souhaitait-elle seulement l’approcher, mais une bousculade regrettable s’ensuivit qui fit un blessé.

Ne pourrait-on pas dire que Jésus s’est laissé « bousculer » par des femmes, non pas physiquement bien sûr, mais elles aussi, d’une certaine manière, venaient déranger l’ordre établi ? Leur intervention et leur audace ont provoqué les critiques et l’entourage de Jésus n’était probablement pas loin de les considérer, elles aussi, comme des « déséquilibrées ».

Une femme atteinte d’un flux de sang joue des coudes dans la foule qui entoure Jésus, avec l’idée de toucher juste son vêtement par derrière pour être guérie. Mais Jésus se retourne : Qui m’a touché ? Pas de reproche, mais la confirmation de sa guérison, qui lui redonnait sa place dans la société où son infirmité la mettait en état d’impureté légale. (Marc 5, 25-34).

Et qu’en est-il de cette femme à la notoriété de pécheresse, dont nous parle l’évangéliste Luc (7, 36-50) ? Elle bouscule les coutumes en entrant chez un Pharisien qui avait invité Jésus, et, en plein repas, se met à arroser les pieds de Jésus de larmes et de parfum. Jésus remet ses péchés et la renvoie en paix.

Jésus a laissé des femmes bousculer ses projets. Grâce à la Samaritaine dont le parcours conjugal, avec ses 5 maris, n’est pas vraiment équilibré, il dévoile que la nouvelle relation à Dieu en esprit et en vérité qu’il inaugure est ouverte à tous, y compris à ceux et celles dont les pratiques cultuelles ne sont pas orthodoxes. Les Samaritains adoraient Dieu sur le Mont Garizim et non à Jérusalem, mais l’un comme l’autre de ces lieux de culte sont périmés (Jean 4, 1-42). Les disciples furent surpris de les voir converser ensemble au mépris des usages. Cependant, à la suite de cette femme, bon nombre de Samaritains reconnurent en Jésus le sauveur du monde.

Et puis, c’est une Cananéenne (Matthieu 15, 21-28), qui oblige Jésus à élargir son projet qu’il réservait aux enfants d’Israël. Elle demandait avec insistance la guérison de sa fille : « Elle nous poursuit de ses cris » se plaignent les disciples. Mais Jésus rétorque : « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens. » Sans se laisser démonter par cette parole dure, elle répond : « Les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leur maître. » Jésus admiratif lui accorde ce qu’elle demande et se rend compte de l’universalité de sa mission.

Pure hypothèse ! Si la femme du fait divers romain voulait s’approcher du pape pour lui demander une place plus juste pour les femmes dans l’Eglise, voire leur ordination, à coup sûr, elle ne pouvait être considérée que comme une déséquilibrée par les tenants de l’institution.

Quelles qu’en soient les raisons, l’action de cette femme qui a semé le désordre dans le bel ordonnancement de la procession de Noël sera vite oubliée, comme le geste fou de Marie, sœur de Marthe et Lazare, qui versa un parfum précieux sur Jésus peu de temps avant sa mort, à la grande indignation des disciples, et de laquelle Jésus a dit que « partout on redira à sa mémoire ce qu’elle vient de faire (Marc 14,3-9)». Or personne n’en parle plus.

(Matthieu 15,21-28 ; Marc 5,25-34 ; Luc 7,36-50 ; Jean 4,1-42)

Extrait de GAILLOT Jacques, GOMBAULT Alice et BERNARD Claude, La Bible à livre ouvert, Paris : Jean-CLaude Gawsewitch, 2011, pp. 197 à 200. Prix : 19,90 euros.

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4e de couverture

« La Bible appartient à tous.

Tissée d’évènements, chargée d’expérience humaine, la Bible parle à nos vies de façon étonnante. Loin d’une vision unique et obscure, les auteurs de ce livre proposent de nouvelles lectures des Écrits Saints en phase avec nos modes de vie et nos préoccupations actuels.

Au travers d’une centaine de textes, ce livre offre une multitude d’interprétations possibles. Chacun y trouvera, selon sa sensibilité, des conseils de vie, des messages d’espoir et d’optimisme.

Jacques Gaillot est évêque de Partenia, coprésident de l’association « Droits devant » pour les sans papiers. Il fait partie du DAL (droit au logement) et réside à la communauté des Spiritains de Paris.

Alice Gombault, ancienne enseignante en théologie à l’Institut Catholique de Paris. Première rédactrice en chef de la revue Parvis.

Claude Bernard, auteur de chants et réflexions sur la liturgie.

Ces deux auteurs sont membres de l’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés, groupe chrétien féministe qui œuvre pour la parité dans l’Église et la société civile. »

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