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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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L’Église doit proclamer l’égale valeur de l’homme et de la femme

Yvonne Pellé-Douël en 1971 à Rome pendant le synode des évêques

Conférence de presse du mardi 12 octobre 1971, pendant le synode des évêques à Rome, au CCCS – Hôtel Alicomi via Scossacavalli, animée par Yvonne Pellé-Douël, Suzanne van dur Mersch, Pierre de Locht, Michel Chartier. Ci-dessous le « canevas »[1], préparé par le groupe de Paris pour servir de base à l’exposé d’Yvonne Pellé-Douël[2], qui suit, accompagné des  deux interventions de Suzanne Van der Mersch et Pierre de Locht[3].
La révélation de Jésus-Christ a instauré, sur les bases de la révélation de l’A.T., la grandeur de tout être humain, créé par Dieu, racheté par Dieu. La Parole de Dieu est adressée à chaque être humain, qu’il soit homme ou femme, riche ou pauvre, noir ou blanc, Pierre ou Jean, Marie ou la Samaritaine, Paul ou Junie, ou la « Chère Persis qui s’est beaucoup fatiguée dans le Seigneur » (Rom XVI 7-16), Tout être humain est l’image de Dieu ; et cette image s’accomplit dans la dyade Homme-Femme : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu, Il le créa, homme et femme, Il les créa » (Gen. I 27). L’Egalité fondamentale de tous les êtres humains est donc une proclamation essentiellement chrétienne, C’est le principe fondamental de la Justice dans le monde. Au XIXè siècle, l’esclavage a été officiellement aboli et c’est là une conquête chrétienne. Aujourd’hui, les femmes découvrent l’application de cette affirmation fondamentale à leur propre situation. Et elles le découvrent elles-mêmes, et en masse. Joie et fierté de cette découverte. Comme l’écrit M. Th van Lunen-Chenu, « Les femmes sont, dans leur grande majorité extrêmement fières de leur promotion d’humanité : liberté et responsabilité. Mais elles sont anxieuses de mener à bien une promotion qui a débouché sur l’urgente nécessité de la confrontation homme-femme. Nous avons comme débouché dans la clairière. Nous nous savons pleinement responsables et concernées, autant que les hommes, par le monde et son histoire. Nous savons que « mettre au monde » aujourd’hui c’est humaniser le monde. C’est faire en sorte que chaque être humain qui y naît y trouve, non plus comme dans les 2/3 des cas, des chances de SOUS-VIE, mais les possibilités d’y devenir un homme, une femme vraiment humains. Ce projet politique sur le monde, nous le partageons avec les jeunes. D’autre part, nous expérimentons de plus en plus, dans nos couples, dans nos familles, dans la profession, la vie civique et politique, la richesse incomparable de la concertation homme-femme, et sa vérité. Nous savons que cette collaboration qui s’impose partout, est un progrès qui nous appelle, non pas à l’extérieur de nous, comme une mode nouvelle, mais en-nous.
C’est le vis-à-vis de la Genèse retrouvé, le vis-à-vis voulu par Dieu. Le message est vieux de millions d’années, il fut investi par le Christ et nous le retrouvons avec émerveillement comme une valeur humaine fondamentale, un appel à progresser pour toute l’humanité »,

Mais les femmes découvrent que cette égalité dans la dignité et la responsabilité n’est encore qu’un timide balbutiement. Dans les sociétés : inégalité des salaires, prostitution, exploitation de l’érotisme, minorisation dans les lois et les habitudes de vie…, etc. Notre monde est encore pour une grande part un monde bâti et régi par des hommes, pour des hommes, d’où les luttes qui ont été nécessaires pour obtenir des droits évidents, d’où les mouvements parfois violents, de libération féminine.

Hélas c’est vrai aussi pour l’Eglise, qui cependant porte en elle le germe et la promesse de la reconnaissance de cette égalité fondamentale.

L’Église catholique est une société masculine elle aussi, Avec cette particularité que sa hiérarchie est une société de clercs célibataires, Si les laïcs y sont des mineurs, encore pour une très grande part, les femmes, elles, le sont doublement: comme laïcs et comme femmes, Elles n’ont de rôle reconnu qu’a distance, dans la sujétion, l’obéissance, le silence. Leurs vertu y sont définies par les besoins masculins : elles y sont admises et glorifiées comme mères, épouses dociles et dévouées, vierges consacrées au service perpétuel, et inaptes aux responsabilités viriles : la Parole, l’enseignement, la pensée théologique, les services ministériels. Et il faut attendre 400 ans pour voir Thérèse d’Avila proclamée Docteur de l’Eglise – et encore rappelle-t-on en même temps, « selon le précepte de Saint Paul, que les femmes se taisent dans les assemblées »[4]. N’est-ce pas là en rester aux temps pré-évangéliques ? N’est-ce pas à la samaritaine que Jésus s’annonce comme le Messie ? N’est-ce pas Madeleine qu’il charge d’annoncer sa Résurrection ?

Alors que les sociétés civiles commencent à progresser dans la reconnaissance de l’être humain dans sa double dignité, dans sa réciprocité, héritage de l’annonce chrétienne de la dignité imprescriptible de toute personne humaine, l’Eglise devrait-elle rester sur des positions que rien ne justifie dans le Message chrétien lui-même (cf. Déclaration universelle des Droits de l’Homme par l’ONU, 1948).

Ne doit-elle pas, au contraire, prophétiser, par ses paroles et par ses actes, comme elle l’a fait pour l’esclavage, comme elle tente de le faire pour le racisme, l’injustice sociale et économique, pour l’exploitation des peuples sous-développés ? Elle doit être la voix qui proclame l’égale valeur de l’homme et de la femme et la nécessité de leur collaboration, de leur vis-à-vis, Elle doit travailler concrètement et de toutes ses forces, à réduire cette injustice massive, qui touche plus de la moitié de l’humanité – le problème des femmes est un problème de justice – et d’abord en elle-même. Que l’Église fraye hardiment et avec sagesse la voie, à tous ses niveaux.

Yvonne Pellé-Douël


[1] Bulletin de FHE, n°1, décembre 1971.

[2] Bulletin de FHE, n°3, 1972.

[3] Bulletin de FHE, n°1, décembre 1971.

[4] Note de GJD : cf. Homélie de Paul VI pour l’acte de proclamation de sainte Thérèse comme docteur de l’Eglise, L’Observatore Romano, 27/09/1970.

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