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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Lettre ouverte au Professeur Joseph Ratzinger, pape Benoît XVI (Leonard Swidler, ARCC)

Cher Joe,

Il y a quelques années lorsque tu étais encore à la tête du Saint Office (« …de la Sainte Inquisition » est, comme tu le sais, toujours gravé dans la pierre en haut du sombre édifice juste à côté de la place Saint Pierre), je t’ai écrit une lettre ouverte au sujet du rôle des femmes dans l’Église catholique. À cette époque, je me suis adressé à toi d’un familier « Cher Joe », me fiant à notre relation de la fin des années 60, début des années 70 lorsque j’étais Professeur Invité de la Faculté de théologie catholique de l’Université de Tübingen, et que tu y étais Professeur Ordinaire. Je l’ai fait pensant que cette forme d’adresse te dirait que j’espérais vraiment que tu ouvres ton esprit et ton cœur pour entendre ce que je voulais te dire. Je n’ai, à cet égard, pas de moyen de savoir si j’ai réussi, aussi peu que ce soit. Pourtant, me fiant à notre « collégialité » passée, je me tourne vers toi de nouveau de cette façon fraternelle.

Je suis troublé que tu aies, particulièrement récemment, donné des signes qui sont en opposition avec les termes et l’esprit du Concile Vatican II, durant lequel, en jeune théologien de premier plan, tu as aidé notre chère Église catholique à passer du Moyen-Âge à la modernité. Plus, alors professeur à notre Université « Alma Mater » de Tübingen, tu as, avec le reste de tes collègues de la Faculté de théologie catholique, publiquement plaidé pour 1) l’élection des évêques par les fidèles, et 2) un mandat limité des évêques (voir le livre Des évêques démocrates pour l’Église catholique romaine).

Maintenant tu réprimandes publiquement des prêtres catholiques loyaux pour avoir fait précisément ce pour quoi tu as plaidé si noblement précédemment. Eux et de très nombreux autres à travers l’Église catholique universelle suivent l’exemple de ta jeunesse, essayant désespérément de faire avancer notre Mère que nous aimons, l’Église, dans la modernité. J’utilise délibérément le mot « désespérément », car dans ta propre terre natale, l’Allemagne, et ailleurs en Europe, les églises sont vides, de même que le cœur de nombreux catholiques qui entendent les mots glaçants venus de Rome et des évêques qui obéissent inconditionnellement (comprendre : les « béni-oui-oui »). Dans mon pays, l’Amérique, lieu de naissance de la liberté moderne, des droits humains et de la démocratie, nous avons perdu – en cette génération seulement ! – un tiers de notre population catholique, 30 millions, parce que les promesses de Vatican II et de sa quintuple révolution copernicienne (en se tournant vers 1- la liberté, 2- ce monde, 3- un sens de l’histoire, 4- la réforme interne, et surtout, 5- le dialogue) ont été si délibérément rejetés par ton prédécesseur, et maintenant de façon croissante par toi.

Joe, tu étais connu comme l’un des théologiens de Vatican II qui ont défendu l’appel du pape Saint Jean XXIII pour l’aggiornamento (la mise à jour) par l’esprit de réforme du retour aux sources originelles stimulantes (ressourcement !) du christianisme (ad fontes ! – aux fontaines !). Ces sources démocratiques, éprises de liberté de l’Église des débuts étaient exactement les « sources »  reconstituantes, les « fontaines » du renouveau qui étaient expliquées par le menu par toi et par tes collègues de Tübingen.

Je te prie instamment de retourner à cet esprit réformateur initial de ta jeunesse. Cet esprit revient à ma mémoire au moment où se prépare la célébration du 50ème anniversaire du Journal des études œcuméniques (JES), que ma chère femme Arlene et moi-même avons créé en 1964. On y trouve, dès la première édition, des articles de ton ami et collègue Hans Küng, théologien de Vatican II, et de toi-même (!), veillant à franchir le gouffre séparateur de la Contre-Réforme qui mettait l’Église catholique à part du reste du christianisme, et en vérité du reste du monde moderne.

Joe, dans cet esprit, je t’exhorte à retourner à tes fontaines réformatrices : Retourne ad fontes !

Pax !

Len

 

Leonard Swidler, Ph.D., S.T.L. dialogue@temple.edu

Auteur de plus de 70 ouvrages dont certains ont fait date. Professeur de Pensée catholique et de Dialogue interreligieux, Temple University. Co-fondateur, Association pour les Droits des Catholiques dans l’Église (Association for the Rights of Catholics in the Church[1]).

Traduction (relue, amendée et acceptée par l’auteur) : Didier Vanhoutte

[1] Association avec laquelle Droits et Libertés dans les Églises (aujourd’hui FHEDLES), au sein du Réseau Européen Églises et Libertés, a rédigé une proposition de Constitution pour l’Église catholique

 

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