Bienvenue sur le site FHEDLES

L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

Connexion des membres

Perdu ses identifiants?

Enregistrement clos

La création de nouveaux comptes n'est pas possible actuellement, merci de votre compréhension

N’ayons pas peur de la prise de responsabilité des laïcs ! (Alice Gombault)

Nathalie est  une jeune femme d’une trentaine d’années avec deux enfants de 3 et 7 ans. Elle élève ses enfants et n’a pas de travail professionnel.  Elle est catholique plutôt classique et pratiquante assez régulière. Son mari est un peu plus distant qu’elle vis-à-vis de la pratique religieuse. L’éducation de leurs enfants les préoccupent et aussi leur éducation religieuse. Lors d’une messe dominicale, l’aîné de ses enfants a participé à un partage d’évangile  pendant le temps de l’homélie. L’enfant avait l’air content de son expérience. Un dimanche suivant, elle a accompagné les deux enfants et a été fort intéressée par  le conte biblique raconté aux enfants. Aussi, lorsqu’à la rentrée suivante, le curé a fait un appel aux bonnes volontés pour la catéchèse des plus jeunes, elle s’est présentée. Selon les besoins évoqués, elle a choisi d’animer une petite équipe d’enfants de CE2, une heure par semaine. Malgré les livres et les informations,  malgré quelques réunions de formation de catéchistes, elle s’est vite aperçue que cela ne s’improvisait pas : quelle pédagogie ? Comment intéresser les enfants ? Que leur dire exactement ? Des formulations la choquent, elle en a parlé à son mari qui partage son point de vue. Son fils, inscrit à l’éveil à la foi revient avec un phrase collée sur son cahier pour en reparler avec ses parents. Ceux-ci se posent des questions.  L’image de Dieu qui transparaît les gêne.

Avec l’accord de son mari, Nathalie décide de s’inscrire à une formation diocésaine : approche des Écritures, un peu de théologie et d’histoire de l’Eglise, de la pédagogie aussi. Cette découverte l’enthousiasme. Cela la transforme profondément. Les années suivantes, elle approfondit même cette formation vers un diplôme de 1er cycle universitaire. Prenant plus d’assurance, elle est à même d’animer des réunions de parents, de préparer des enfants à leur première communion… etc., mais aussi de modifier certaines façons de parler de Dieu ou de relativiser certains récits bibliques pour en montrer la portée symbolique et non leur historicité. Ce faisant, elle est appréciée des personnes en recherche, mais elle déplaît aux personnes les plus traditionnelles et, sans le vouloir, fait de l’ombre au curé seul détenteur de la vérité. Les tensions s’installent. Après plusieurs mois de négociation, épuisée, elle renonce et, plus tard, se présentera aux élections municipales. Elle a appris à parler en public, elle a développé son sens de l’écoute, son attention aux autres, son esprit critique, ses nouvelles connaissances lui apportent de la sérénité face à la complexité des questions qui s’offrent à elle. Elle est élue et reconnue dans ses compétences. Elle pense qu’elle peut aussi bien peut-être même mieux évangéliser dans cette tâche de service civique que dans l’institution Église.

Les points-clés

La vocation

Il y a ici une vocation qu’on pourrait qualifier d’intérieure  qui se concrétise par de l’intérêt, un goût pour la transmission de valeurs religieuses voire pour la tâche pastorale. L’appel n’est pas que subjectif, il vient aussi de l’extérieur : souci éducatif des enfants, perception des besoins de la paroisse. Et enfin, il y a l’appel concret du curé et la fonction officielle qui en découle.  Son « appel » est reconnu.

Développement de la responsabilité

La mise en situation  dans une  tâche  déterminée, développe la responsabilité. « On me fait confiance pour m’occuper des enfants,  je dois être à la hauteur. » Elle développe aussi la créativité pour répondre aux besoins de la tâche et l’ouverture pour trouver des solutions aux problèmes qui se présentent. Elle est de plus en plus attentive aux besoins des groupes, des communautés qu’elle rencontre : paroisse ou autres.

Acquisition de compétences

Bien vite et souvent, pour répondre aux exigences du poste, naît  le besoin de compétence. On comprend vite que la bonne volonté ne suffit pas.  Il faut développer son intelligence  de la foi et des Écritures, sa compréhension de la doctrine à enseigner. Il faut apprendre à gérer des relations nouvelles, avec les enfants, avec les parents.  Qu’est-ce qu’annoncer la Bonne Nouvelle et comment le faire ? On ressent un besoin de formation. (C’est cela que j’ai appelé la naissance d’une vocation missionnaire laïque.)

Transformation du rapport avec les clercs

Le désir de répondre positivement au curé pour lui apporter une aide se transforme vite en sentiment de responsabilité. C’est au nom de ma propre responsabilité de baptisé que j’anime mon groupe d’enfants (ou toute autre tâche pastorale).  De père qu’il était, le prêtre occupe davantage une place de frère dont on partage le souci. De verticale, la relation devient plus horizontale. Le service rendu n’est plus une suppléance.

Problème d’identité

Mais tous les prêtres ne sont pas prêts à cette modification de leurs rapports avec les laïcs. (Les 11 prêtres du diocèse de Poitiers qui ne trouvent plus leur place et perdent leurs privilèges de prêtres lorsque les laïcs sont trop responsables.) Naissance de tensions.

Sortie

Dans notre histoire, Nathalie a préféré sortir du système de communication enrayé et porter ses services ailleurs. Peur du conflit ?   Ce n’est pas toujours le cas. Tout le monde ne fait pas preuve de la même liberté. Bloqués par la peur, beaucoup souffrent en silence mais restent dans le système. Autres dénouements :

Aujourd’hui, les engagé-e-s dans l’Eglise font face des difficultés accrues. Je reprends l’exemple de ce qui se passe sur le diocèse de Poitiers. Mgr Rouet, au lieu de regrouper les paroisses pour faire face au manque de prêtres a préféré créer des communautés locales chaque fois qu’il trouvait cinq personnes prêtes à s’engager.  10 000 personnes dans 320 communautés locales ont été mobilisées dans ce projet et sont devenues actives et responsables, parfois même se sont formées. A peine, Mgr Rouet parti,  un nouvel évêque détruit peu à peu tout ce qui a été bâti. Il remet le prêtre au premier rang, celui autour duquel tout tourne, alors que Mgr Rouet en avait fait, celui qui est au service de la communauté. On a fait appel à des prêtres polonais pour pouvoir supprimer les assemblées de prière dominicales avec distribution de la communion ou bien on prône les vertus du jeûne eucharistique. Lorsqu’on sait combien est valorisée l’eucharistie comme nourriture indispensable, source et sommet de la liturgie, on s’étonne.

Mais le plus étonnant, c’est l’attitude de ceux et celles (plus souvent celles) à qui on avait bien expliqué que ce service rendu à la communauté, n’était pas une suppléance du prêtre, mais que c’était en vertu de leur responsabilité de baptisés qu’ils avaient à agir. Ils et elles semblent avoir accepté ce changement de cap, sans protester.  Ils et elles continuent ou recommencent à être dans une optique d’aide au prêtre qui  décide et gouverne. Quand, comme Nathalie, on a vu s’éveiller sa conscience missionnaire. C’est à moi d’évangéliser (malheur à moi, si je n’évangélise pas !), d’être témoin de la Bonne Nouvelle, la reprise  autoritaire de l’institution, pousse à la résistance lorsque des pratiques d’un autre âge sont remises à l’honneur.  Mais comment résister ? Comment dépasser nos peurs ?

Nous n’avons pas parlé de la peur dans l’histoire de Nathalie, mais celle-ci peut surgir aux différents points-clés que nous avons soulignés. Et nous pensons que celle-ci n’est pas absente de la docilité des laïcs de Poitiers. […]

Découvrez la conférence complète en la téléchargeant ici.

Partager ce contenu
  • Facebook
  • email
  • Print

- Espace membres - Copyright FHEDLES 2017 - Tous droits réservés - Création Effet i Média
Plan du site      Mentions légales      RSS