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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Ordonner des femmes, un geste prophétique (Pierrette Daviau)

Colloque Femmes & Hommes en Église - Genre en Christianisme : « Femmes prêtres. Enjeux pour la société et pour les Eglises »

Le 8 décembre dernier, on lisait en première page du Soleil, un quotidien de Québec,  » L’ordination des femmes est inévitable « , affirmation de Madame Lise Thibault, Gouverneure Générale du Québec, prononcée en présence du Cardinal Ouellet, fidèle de Jean-Paul II et de Benoît XVI et Prélat de l’Église canadienne. Bien sûr, au pays, les 3/4 de la population sont favorables à l’ordination des femmes. Alors que les églises se vident et sont mises en vente, que la moyenne d’âge du clergé approche les 70 ans, les défis et enjeux sont majeurs pour la survie d’une Église au service de l’Évangile.

C’est seulement lorsque hommes et femmes seront considérés égaux à part entière dans l’Église que nous pourrons créer des relations humaines exprimant une communication authentique et exorciser l’injustice et la déshumanisation qui tournent les femmes et toutes les personnes opprimées en symboles provenant d’images antipathiques et misogynes. La révolution représentée symboliquement par l’ordination des femmes est profonde. Nous devons comprendre que la résistance à son égard est beaucoup plus profonde que les arguments inconsistants et habituellement irrationnels avancés par ses opposants. Lorsque la mentalité d’une hiérarchie patriarcale exclusivement masculine sera exorcisée du ministère, l’Église pourra alors commencer à assumer son rôle de communauté signifiant la réconciliation rédemptrice avec Dieu et avec les unEs les autres. Alors seulement l’Église pourra être crédible en tant que sacrement de l’humanité sauvée, remettant la société sur les rails vers une direction rédemptrice.

Notre anthropologie doit cesser d’être modelée d’après des doctrines sexistes d’une hiérarchie mâle et d’une complémentarité polarisée. Elle est appelée à se centrer sur la pleine humanité de chaque individu qui réunit en lui toutes ces dualités de pensée, de sentiment, d’activité, de réceptivité, faussement polarisées comme étant  » masculines  » et  » féminines « . Le leadership doit changer de sa forme paternaliste actuelle et développer une forme de dialogue où il exerce une capacité à évoquer les dons et les initiatives créatrices de tous ses membres. Une révolution psychologique est requise sur la façon dont nous entrons en relation avec Dieu, le leadership, les unEs avec les autres, le cosmos ainsi que sur la relation de l’Église avec  » le monde « . Elle requiert une révolution plus profonde de la conscience qui reconfigure la psychodynamique de nos relations personnelles, sociales et spirituelles avec le monde. La libération de la femme de projections négatives doit aussi transformer nos façons d’entrer en relation avec les aspects corporels et terrestres de notre existence.

L’ordination des femmes ne peut simplement vouloir dire l’insertion singulière de quelques femmes dans le cadre actuel du clergé. La  » Parole  » ne doit plus être vue comme venant en dehors des gens, de la haute chaire qui réduit l’assemblée à un groupe passif  » femmes-enfants « . Grâce au dialogue, elle doit plutôt jaillir de l’existence même des gens. L’Église peut alors commencer à devenir une communauté vivante, plutôt que l’aliénation d’une activité cléricale mâle et un assentiment  » femelle  » laïque.

Je crois aussi que l’ordination des femmes contribuera à remodeler notre image de Dieu. Au lieu d’en faire l’image d’un Ego mâle dominant la nature subjuguée, nous devrions peut-être plutôt penser Dieu comme le Fondement de l’Être, cette divine Matrice d’une création sans cesse renaissante, de laquelle toutes les choses vivantes sont à la fois créées et renouvelées (cf. Rosemary Radford Ruether). Il est urgent de trouver un langage de collaboration authentique; de réponse écologique consciente vis-à-vis le vaste réseau de la vie à l’intérieur duquel nous vivons, nous mouvons et réalisons notre être. C’est à ce témoignage prophétique que l’Église est appelée au risque de perpétuer un contre-témoignage flagrant.

Pierrette Daviau

Université Saint-Paul – Ottawa, Canada – décembre 2005

Pierrette Daviau, théologienne québécoise, fondatrice du Centre Femmes et traditions chrétiennes de l’Université Saint-Paul à Ottawa, enseigne dans les départements « Counselling, spiritualité et santé » et Recherches en théologies et spiritualités féministes.

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