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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Pétition contre la « théorie du genre à l’école » : une supercherie (Gonzague)

Une pétition [1] contre la « théorie du genre » à l’école  a été lancée par l’UNI, organisation de droite dédiée aux questions d’éducation, sur un site Internet nommé « Observatoire de la théorie du genre ».

D’après la pétition, un amendement au projet de loi sur la refondation de l’école, va « introduire l’enseignement de la théorie du genre à l’école élémentaire, dès 6 ans ».

Cette pétition est trompeuse.

1. La pétition ne cite pas l’amendement lui-même

La pétition affirme : « Un amendement avait été adopté […] afin d’introduire l’enseignement de la théorie du genre à l’école élémentaire, dès 6 ans. Selon Julie Sommaruga, député socialiste, cet amendement vise à déconstruire les stéréotypes sexués « afin de substituer à des catégories comme le sexe ou les différences sexuelles, qui renvoient à la biologie, le concept de genre qui lui, au contraire, montre que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature, mais sont historiquement construites et socialement reproduites. » Sic ! Malheureusement, mercredi 20 mars, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de loi portant refondation de l’école, ainsi amendé. »

En réalité ce n’est pas « ainsi amendé » que le texte a été adopté. Les propos (tronqués) rapportés sont ceux de la députée Sommaruga pour soutenir en commission l’amendement de Martine Faureen. Ils n’engagent personne d’autre que cette députée, mais il est sans doute préférable de faire peur aux lecteurs qui ignorent la circonstance. Voici la plus sobre formulation de l’amendement à l’article 31 du projet de loi concernant la formation dispensée dans les écoles élémentaires : « Elle assure les conditions d’une éducation à l’égalité de genre ». C’est tout. Notons que l’article 31 prévoit aussi, par exemple : « qu’elle contribue également à la compréhension et à un usage autonome et responsable des médias, notamment numériques » et à « l’apprentissage des valeurs et symboles de la République et de l’Union Européenne, notamment de l’hymne national et de son histoire. »

2. L’amendement n’a pas été adopté « en catimini »

La pétition affirme : « Lors des discussions autour du projet de loi […], un amendement avait été adopté, en catimini, en commission des affaires culturelles »

En catimini ? L’amendement a été présenté, discuté et contesté en commission de manière tout à fait habituelle [2].

De plus, le mot « genre » était déjà présent dans l’annexe du projet de loi qui prévoyait de former les enseignants « aux thématiques sociétales (lutte contre tous les stéréotypes comme ceux liés au genre ; éducation à l’environnement et au développement durable ; économie solidaire…) »

Enfin, l’objectif de l’amendement se trouvait énoncé dans d’autres articles du projet de loi :

–      Dans la définition du service public de l’éducation, « Il est proposé de préciser que parmi les « valeurs de la République » que l’école fait partager aux élèves figurent notamment l’égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité et la laïcité. »

–      Concernant la façon dont l’école transmet aux élèves ses valeurs de respect de l’individu, « La rédaction proposée dispose que l’école, notamment grâce à un enseignement moral et civique, fait acquérir (plutôt que d’inculquer) aux élèves le respect de la personne (plutôt que de l’individu), de ses origines et de ses différences, ainsi que l’égalité entre les femmes et les hommes. »[3]

3. la pétition fait croire à l’enseignement d’une théorie

La pétition affirme : « « Un amendement avait été adopté […] afin d’introduire l’enseignement de la théorie du genre à l’école élémentaire, dès 6 ans. » En s’appuyant sur la citation de la députée, la pétition affirme ensuite « qu’un tel discours professé devant des enfants de 6 ans risque de causer beaucoup de confusion et de perturber les esprits de si jeunes enfants. Nous appelons les parlementaires à rejeter cet amendement et tous ceux qui visent à faire de l’école un terrain d’expérimentation pour les adeptes de la théorie du genre. »

Rassurons l’UNI : Madame Sommaruga n’est pas mandatée par l’Assemblée pour aller prêcher aux élèves de classe élémentaire. Il s’agissait de sa motivation à faire adopter l’amendement, exposée devant des adultes de plus de 50 ans et pas d’un « discours professé devant des enfants de 6 ans ». Il n’est pas non plus prévu que la formation des enfants soit un « enseignement de théorie du genre » mais qu’elle « assure les conditions d’une éducation à l’égalité de genre ». L’objectif c’est de favoriser l’égalité, pas de former des sociologues du genre.

Pour rendre justice à la députée, il faut citer le début de son intervention (oublié à dessein dans la pétition) : « Cet amendement a pour objet l’intégration dans la formation dispensée dans les écoles élémentaires d’une éducation à l’égalité entre les femmes et les hommes et à la déconstruction des stéréotypes sexués. »

Si la députée théorise ensuite, c’est pour faire comprendre le choix du mot « genre » : dans son esprit il permet de préciser que les stéréotypes et les inégalités ne découlent pas du sexe lui-même mais lui sont assignés. N’est-ce pas la base si l’on veut lutter contre les inégalités et les stéréotypes ? Si l’UNI est opposé à cet objectif, autant le dire clairement et ne pas pinailler sur le mot « genre ».

Soulignons enfin que le rapporteur du projet de loi concluait en commission : « Cet amendement n’impose aucune idéologie, il se borne à constater un fait. L’école doit apprendre aux enfants à comprendre la société dans laquelle ils sont appelés à vivre et à devenir des êtres et des citoyens responsables. »

4. La pétition fait croire à un projet sectaire et dangereux

La pétition affirme : « un tel discours professé devant des enfants de 6 ans risque de causer beaucoup de confusion et de perturber les esprits de si jeunes enfants. Nous appelons les parlementaires à rejeter cet amendement et tous ceux qui visent à faire de l’école un terrain d’expérimentation pour les adeptes de la théorie du genre. »

Nous avons vu que le discours de la députée n’a pas force de loi et n’engage qu’elle. Quant à l’amendement lui-même, quel mal pourrait-il faire aux enfants ? La formation en école élémentaire « assure les conditions d’une éducation à l’égalité de genre »… L’égalité ferait-elle du mal aux enfants ? Quant à l’usage du mot « genre », il n’y a pas de quoi fouetter un chat. D’autant que le mot est ici utilisé à contremploi comme synonyme du mot sexe. Si l’amendement peut semer la confusion c’est dans l’esprit d’un sociologue familier du concept, qui ne comprendrait rien à « égalité de genre ». Le genre désigne en effet une identité construite sur des stéréotypes et un rapport social inégalitaire. On ne peut donc pas souhaiter l’égalité de genre mais l’égalité des sexes et l’abolition du genre.

Conclusion

L’amendement introduit dans la formation des élèves ce qui est déjà dans l’orientation générale du projet de loi : apprendre aux filles et aux garçons à se respecter, à vivre ensemble et à se considérer sur un pied d’égalité. L’UNI soutient-elle cet objectif ou préfère-t-elle continuer à nous faire peur ?

Gonzague

Pour une analyse détaillée de ce fameux « observatoire du genre » et de leur « arguments », voir : Cyril Barde et AC Husson, « Quand l’UNI observe la ’’théorie du genre’’ », http://cafaitgenre.org/, 12/04/2013

Sur un sujet connexe, les déficiences de la critique du genre dans la publication du Conseil pontifical pour la Famille en 2011 intitulée « Gender, la controverse », voir : Odile Fillod, « Le mariage raté du Vatican et de la science« , Allodoxia, 30 avril 2013.

Lire aussi le communiqué de FHEDLES en 2011 lors de l’opposition des députés aux analyses du genre dans les programmes scolaires.

Découvrez enfin notre dernière lettre d’informations avec nos derniers articles sur le genre.

06/06/2013 : les députés, après les sénateurs, ont finalement renoncé à la mention du genre, lui préférant « l’égalité entre les femmes et les hommes », moins polémique.


[1] En voici le texte complet : « Lors des discussions autour du projet de loi d’orientation et de programmation pour la « refondation de l’école », un amendement avait été adopté, en catimini, en commission des affaires culturelles afin d’introduire l’enseignement de la théorie du genre à l’école élémentaire, dès 6 ans.

Selon Julie Sommaruga, député socialiste, cet amendement vise à déconstruire les stéréotypes sexués « afin de substituer à des catégories comme le sexe ou les différences sexuelles, qui renvoient à la biologie, le concept de genre qui lui, au contraire, montre que les différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature, mais sont historiquement construites et socialement reproduites. » Sic !

Malheureusement, mercredi 20 mars, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture le projet de loi portant refondation de l’école, ainsi amendé.

Parce qu’un tel discours professé devant des enfants de 6 ans risque de causer beaucoup de confusion et de perturber les esprits de si jeunes enfants.

Nous appelons les parlementaires à rejeter cet amendement et tous ceux qui visent à faire de l’école un terrain d’expérimentation pour les adeptes de la théorie du genre. »

[2] Amendement AC 421 de Mme Martine Faure. http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/cr-cedu/12-13/c1213031.pdf

[3] Cf. Exposé des motifs sur les articles 3 et 28.

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