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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Rare et exemplaire : l’association des religieuses canadiennes pour les droits des femmes (M-T van Lunen Chenu)

« L’association des religieuses pour les droits des femmes » (ARDF) publie son bulletin trimestriel, Reli-femmes N° 74, février 2012, en fêtant ses 25 ans par une belle rétrospective : leçon d’histoire et  exemple rare d’une militance de religieuses diverses,  solidaires entre elles, concertées et engagées explicitement au côté des femmes et du féminisme dans l’Église et dans la société civile.

Tout a commencé quand  l’Union des Supérieures Générales (UISG) à Rome s’est prononcée pour que La première Conférence des Nations Unies pour les femmes, en 1975, soit  lue dans toutes les congrégations internationales et nationales de religieuses comme un « Signe des Temps » et on sait l’importance exemplaire que le Concile Vatican II a donnée  à ce terme.

Un groupe de travail s’est formé au Canada et après quelques années du « marrainage » romain,  s’est constitué en association civile sous le premier  vocable de l’Association des Religieuses pour la promotion des femmes. Mais elles n’ont pas craint l’an dernier de s’engager encore plus avant dans l’Association des Religieuses pour le droit des femmes (ARDF).

La formule s’était  inspirée de l’initiative – née dans le bon temps d’une collaboration active entre les  évêques et les femmes chrétiennes du Canada – de nommer dans chaque diocèse une « répondante à la condition féminine », avec un mandat de responsabilités, d’initiatives, de moyens et de reconnaissance. Sur le même modèle, les premières religieuses membres de  l’ARDF furent déléguées par les Supérieures des différentes congrégations qu’elles représentent et  depuis peu,  des religieuses s’y sont adjointes par choix personnel.

L’ARDF présente un bel objectif : «  travailler dans une perspective évangélique et selon les charismes des divers instituts à la promotion des femmes-religieuses et/ou laïques dans l’Église et dans la société ». Elle permet un vrai « réseautage » de terrain, d’ancrages, d’expériences diverses et donne la priorité aux initiatives de base et locales. Les religieuses ont découvert – et tiennent à  le faire savoir – qu’elles ne travaillent pas « pour » les femmes mais « avec les femmes ». « Cette conscience collective a entraîné des changements importants  : … une  libération de la parole, un sens plus aigu de la justice et une indignation devant tant de pauvreté et de violence imposées aux femmes, une espérance têtue de vouloir changer les choses avec d’autres, une conviction que la vie religieuse se doit d’être prophétique en tenant compte de la vie des femmes d’ici et d’ailleurs ».

L’association des religieuses ARDF n’a pas craint de devenir « membre associative » de la Fédération des femmes du Québec, il s’agissait de s’intégrer, de partager luttes et espoirs mais sans prendre le leadership ; elle se sont fortement investies dans la « Marche des femmes » ,ont  établi des partenariats d’action avec des mouvements d’éducation populaire, elles sont femmes indignées participantes au mouvement du même nom, prennent parti avec les femmes autochtones, les immigrantes, luttent contre la prostitution, ont participé à la naissance de la coalition nationale contre les publicités sexistes et y adhèrent ainsi qu’à bien d’autres mouvements civiques et féministes. Le parcours retracé pendant 25 ans, permet de souligner l’évolution interne de l’association, elle est bien structurée et veille à la démocratie, le conseil de direction est devenu l’équipe de coordination et le consensus est le mode habituel des prises de décision.

On les trouve bien sûr engagées dans la vie de l’Église : En 1989, elles se sont affiliées à la Conférence religieuses canadienne. Certaines sont « répondantes » diocésaines ou en poste de responsabilité pastorale.

« En tant que féministes, écrit Louise Mélançon, elles choisissent une laïcité qu’elles questionnent : «  Comment comprendre une option féministe par rapport au catholicisme, au christianisme d’où nous venons ? Quel type d’appartenance est possible aujourd’hui ? Pouvons-nous nous dire laïques tout en étant croyantes ?

Et lors d’une  journée de formation en 1911, 64 d’entre elles sont réunies autour de la théologienne Marie-Andrée Roy : « Qui nous aidera à rouler la pierre du fondamentalisme dans l’Église? … Munies d’une grille d’analyse, nous pourrons détecter et dénoncer une vision du monde intégriste et dualiste s’éloignant de Vatican II. La vigilance individuelle et collective permettra de débusquer les discours et pratiques fondamentalistes qui bâillonnent la communauté ecclésiale et paralysent l’espérance  chrétienne…

Elles sont proches de l’Autre Parole. On retrouve dans leur bulletin des signatures bien connues : c’est Monique Dumais qui écrit : « Ne faut-il pas déranger ? Et sortir de notre torpeur de femmes rangées, bien éduquées, pensons-nous, gardées par des règles et des constitutions de congrégations…. Elle rappelle l’évangile,  la priorité donnée par Jésus aux plus petits et en appelant à refuser et dénoncer  les injustices, et  n’omet pas de relever « la suffisance de nos pères  qui oublient trop souvent nos mères dans la foi ».

Bien sûr, et depuis le début de leur histoire et jusqu’à aujourd’hui, elles ont de l’avance les religieuses du Canada,  dont Monique Dumais peut écrire : « …n’est-ce pas le temps de pendre des moyens concrets pour faire connaître nos revendications et nos dénonciations ? Nous avons des devancières qui n’ont pas craint de résister à la domination des exigences patriarcales ; n’ont-elles pas lutté pour le droit à l’éducation des filles, pour le droit de vote, pour la reconnaissance de notre identité en tout et partout, pour l’obtention de l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines. Les fondatrices de nos communautés ont notamment dû affirmer leurs intuitions et convictions pour faire en sorte que l’enseignement, la santé et les services sociaux répondent le plus adéquatement possible aux besoins  de la société. N’ont-elles pas elles aussi posé des actions d’éclat ? Laissons-nous influencer par leur vaillance ! »

Dans d’autres pays les exemples ne manquent certes pas de congrégations qui ont su s’engager prophétiquement et courageusement. Mais l’association ARDF renforce et rend plus visible encore, pour l’Église et pour la société, et certainement pour les femmes elles-mêmes,  le témoignage des religieuses canadiennes.

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