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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Sainte Famille ! (Alice Gombault)

C’est avec le qualificatif de  « Sainte » que la famille composée de Jésus, Marie et Joseph est proposée comme  modèle par la liturgie après Noël et par la spiritualité familiale. N’y a-t-il pas là quelque chose d’étonnant ? Qu’en est-il exactement de cette famille ?

Les liens familiaux qui les  unissent ne sont guère simples. Marie est bien la mère de Jésus, mais, les conditions dans lesquelles elle l’a engendré restent mystérieuses. C’est un ange, Gabriel, c’est-à-dire un être perçu comme un messager de Dieu, qui annonce la future naissance à Marie. Est-ce lui le vecteur de ce qu’il appelle pudiquement, « l’ombre de l’Esprit-saint » (à la question de Marie : « Comment cela se fera-t-il, puisque je suis vierge ? »  Il répond, sûr de lui : « L’Esprit saint te couvrira de son ombre ») ? On trouve des  annonciations faites par un ange à Sara, l’épouse d’Abraham et mère d’Isaac, ou à Elisabeth, la cousine de Marie et mère de Jean-Baptiste, deux femmes stériles et ayant passé l’âge d’enfanter. On trouve aussi dans d’autres mythologies des naissances virginales. A chaque fois, il s’agit d’un procédé littéraire signifiant que l’enfant qui naîtra ainsi sera un être d’exception.

Que s’est-il passé exactement ? Nous l’ignorons. Marie est-elle la mère porteuse d’un enfant à l’origine non déterminée, une mère célibataire que Joseph sauve du déshonneur ? Joseph est, en effet, prêt à répudier secrètement Marie, à laquelle des  liens de fiançailles l’unissent déjà, puisqu’elle se trouve enceinte avant qu’ils n’aient demeuré ensemble. Est-il cependant le père biologique de Jésus ?

En tout cas, c’est par lui que transitent  les liens de descendance, faisant de Jésus un membre de la famille de David. L’adoption de Jésus par Joseph semble donc un acte très fort. Ses contemporains l’appellent tout simplement : « fils de Joseph ». Marie n’est pas exclue de ce type de filiation puisque Joseph, dans la généalogie que donne Matthieu (1,1et s) de l’ascendance de Jésus, est appelé « l’époux de Marie ». Ce détail est d’ailleurs à signaler dans une culture où c’est généralement la femme qui est identifiée par le nom de son époux !

L’enfant est-il averti ou a-t-il l’intuition de ses origines mystérieuses ? A l’adolescence, partirait-il  à la recherche de son vrai père ? Serai-ce là la cause de sa fugue lors du pèlerinage à Jérusalem. A la faveur de cette recherche, Jésus peut aussi découvrir une autre filiation, celle qui l’unit à une transcendance qu’il appelle son Père. Mais, ses parents ne le comprennent pas lorsqu’il leur dit qu’il lui faut « être aux affaires de son Père ». Après cet épisode, il reste sagement à la maison, s’initie au métier de Joseph et l’exerce jusqu’à trente ans.

Les Évangiles ne nous disent rien des relations entre Joseph et Marie. On peut supposer qu’elles furent heureuses, et qu’ils eurent d’autres enfants, puisque les Évangiles parlent des frères et sœurs de Jésus. Lorsque Marie met au monde Jésus, Luc le nomme « son fils premier-né ». On a traduit cette expression par « fils unique », mais elle pourrait aussi l’être par « fils aîné ». Quoiqu’il en soit, dans ses quelques années de vie publique, Jésus n’a pas valorisé les liens du sang : « Qui sont ma mère, mes frères ? Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère et ma sœur et ma mère (Mc 3,33-35)» et « Qui aime son père, sa mère, son fils, sa fille, (sa femme, dans Luc) plus que moi n’est pas digne de moi (Mt 10,37) ». Relativise-t-il ainsi les liens familiaux ou bien ouvre-t-il plutôt ce lien à d’autres relations ? N’y a-t-il pas là une sortie de la famille close pour permettre à ses membres, sa mère, ses éventuels frères et sœurs, de nouvelles relations et de nouvelles vocations ?

Que peut-on déduire d’une telle lecture de la « sainte famille » ? Qu’il n’y a pas un seul modèle familial, qu’une conception hors mariage n’est pas nécessairement un acte répréhensible, que chez l’être humain l’adoption fait sortir du tout-biologique, lequel n’est pas le seul lien possible entre parents et enfants. On comprend aussi que des enfants équilibrés peuvent naître de différentes formes de familles, que la fugue d’un enfant reste incompréhensible et sujet d’angoisse pour ses parents, mais constitue parfois une étape essentielle pour lui ou encore que la famille nucléaire refermée sur elle-même ne favorise pas l’épanouissement  de ses membres.

Voilà, sinon sanctifiées, du moins reconnues toutes les familles qualifiées de « hors normes ». Pensons aux familles monoparentales, adoptives, recomposées, avec des enfants de lits différents, ou encore fondées sur une conception médicalement assistée.

Une fois de plus, les évangiles apparaissent comme des casseurs de modèles sociaux tout faits. Jésus s’est élevé contre tous les liens susceptibles d’entraver la liberté de l’être humain : liens familiaux comme ici, mais aussi liens sociaux ou religieux.

D’après Matthieu 1, 18 et s., Luc 1, 26-39 ; 2, 41-51.

Extrait de La Bible à Livre ouvert, Jacques Gaillot, Alice Gombault, Claude Bernard, Editions Claude Gawsewitch, 2011 pp. 38 à 41

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