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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Une catholique féministe en 1896

Marie Maugeret[1] est la première catholique francophone à créer un groupe de chrétien-ne-s féministes : en 1896. Son but est de « faire pénétrer les idées féministes dans les milieux chrétiens, et les idées chrétiennes dans les milieux féministes ». Dans le deuxième numéro de son journal Le Féminisme chrétien[2] elle répond aux critiques masculines reçues à la suite de l’exposé de son programme :

« Les arguments […] des adversaires, oh ! c’est bien simple, et surtout ce n’est pas nouveau. La femme a été créée et mise au monde uniquement en vue de l’homme : pour être sa compagne, disent les gens bien élevés ; sa servante, avouent carrément les gens du peuple ; la mère de ses enfants, pontifient les gens graves ; l’instrument de ses plaisir, déclarent les autres ; le reflet de son intelligence, décident les philosophes ; la consolation de ses peines, pleurent les mélancoliques ; l’honneur de sa vie, stipulent les moralistes ; l’ornement de son foyer, chantent les poètes ; son esclave, résume la loi française[3]. Certes, ne craignent pas d’affirmer les uns et les autres, les fonctions départies à la femme sont de nature à satisfaire la plus ambitieuse, et comme ce sont les seules qui lui conviennent, tout ce qu’elle entreprendra en dehors de cette voie tracée par Dieu même, — car ils se souviennent de Dieu, le cas échéant — ne sera qu’une vaine, voire même une dangereuse chimère, « de nature à désagréger encore un état social déjà bien malade », comme s’exprime un de nos correspondants.

[…] Mais il est encore dans cette lettre […] une thèse digne de remarque : “Faire de ma fille la concurrente de ses frères, de son mari, jamais !” s’écrie notre correspondant.

La concurrente de ses frères, de son mari, de l’homme, enfin nous y voilà ! Et comme voilà bien une fois de plus l’homme pris en flagrant délit d’être bien plus homme que père ! La concurrente ! c’est-à-dire la femme soustraite au joug de l’homme qui a, en principe, le devoir de la nourrir, et comme conséquence, dans la pratique, le droit de l’asservir. La concurrente ! c’est-à-dire la femme en état de se suffire à elle-même si les circonstances, voire même sa volonté, lui en font un jour une nécessité. La concurrente ! Eh bien ! quand même ! Oui, quand même il en serait ainsi, où donc serait le crime? C’est une chose extraordinaire, et dont on ne s’est jamais assez étonné, cette prétention de l’homme à posséder à lui tout seul toute l’humanité, mieux encore, à être, lui seul, toute l’humanité. Il semble que lui seul ait le droit d’exister, et que tout ce que la femme revendique soit pris sur ce qui lui appartient à lui exclusivement. Et il a si bien installé cette iniquité dans les lois, faites par lui et pour lui, il l’a tellement fait passer des lois dans les mœurs, que la femme elle-même, l’éternelle sacrifiée, en est venue à croire que cet état de choses, si pénible qu’il pût être pour elle, était naturel, inévitable, d’institution divine, par conséquent sacré et intangible. Or, nous l’avons dit dès le début, il y a des choses d’institution divine, d’autres d’invention purement masculine ; il importe grandement de les distinguer et de déblayer de toute herbe parasite le terrain sur lequel les deux parties de l’humanité pourront élever l’édifice du bonheur relatif auquel l’une et l’autre ont le droit d’aspirer. »

[Citée par GonzagueJD]


[1] Marie Maugeret (1844-1928), institutrice puis journaliste et imprimeuse française, a malheureusement fondé aussi l’Union nationaliste des femmes françaises (1898), association patriotique antidreyfusarde et antisémite. Voir l’article à son nom dans l’encyclopédie libre Wikipedia.

 

[2] Marie Maugeret, « Adversaires et Partisans », Le Féminisme chrétien & La Revue des femmes Russes, n° 2, 23 mars 1896. Consulté à la Bibliothèque Marguerite Durand (Paris).

[3] « Il nous semble particulièrement choquant de lire dans le Code cet article invraisemblable : Sont déclarés incapables de jouir des droits civils : les mineurs, les condamnés à une peine offensive ou infamante, les hommes d’une inconduite notoire, les déments et les femmes. » (Marie Maugeret, « Le Féminisme Chrétien », La Fronde, samedi 11 décembre 1897. Consulté à la Bibliothèque Marguerite Durand).

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