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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Une parole catholique non-officielle au Conseil de l’Europe (Simon Bryden-Brook)

S. Bryden-Brook était l'un des délégués du Réseau Européen églises et Libertés à une réunion de la Conférence des OING. Il représente Catholics for a Changing Church (CCC).

[…] Pourquoi convient-il que, en tant que catholiques, nous soyons engagés au Conseil de l’Europe ? Le Conseil de l’Europe a le souci, selon le souhait de ses 47 gouvernements, d’être à l’écoute de ce que les gens ordinaires ont à dire, et il appelle ainsi les contributions de ce qu’il nomme « société civile » à ses délibérations au cours de la Conférence des OING au Conseil de l’Europe, à être la « voix des citoyens européens » en leur proposant une représentation directe au Conseil de l’Europe. On a ainsi accordé jusqu’à présent le statut participatif à environ 400 OING, rapprochant leur contribution de secteurs vitaux tels que les droits humains, l’éducation, la culture, l’assistance sociale, l’environnement, la science et l’aide humanitaire. Le Conseil a fixé de hautes exigences de comportement aux gouvernements, auxquelles ils ont volontiers, parfois en apparence pas sans réserves, souscrit, et il fonctionne comme un chien de garde, cherchant à s’assurer qu’ils se conforment aux accords, aux jugements et aux décisions. Il demande des comptes aux gouvernements qui se sont engagés à se conduire en accord avec les normes acceptées, puis ont manqué de les mettre en pratique ou de les observer.

Où se trouve Jésus dans tout cela ? Tiendrait-il à ce que, comme c’est le cas pour d’autres OING catholiques au Conseil de l’Europe, l’accès des femmes aux droits reproductifs soit limité, qu’on interdise l’adoption aux homosexuels, ou, comme d’autres encore, que la mutilation génitale féminine soit tolérée en tant que coutume religieuse (et ainsi non violée), et que des criminels avérés soient soumis à la mutilation, à la torture et même à la peine capitale ?

Je suis donc allé à Strasbourg d’abord comme chrétien voulant promouvoir le Royaume de Dieu, l’extension de la justice et de la paix à l’humanité tout entière sans distinction. Personnellement j’ai des réserves sur certains aspects de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler « les droits reproductifs des femmes »[1], et assurément sur le « mariage homosexuel »[2]. Mais je suis certain que Dieu souhaite que davantage de Chrétiens s’engagent dans un dialogue avec les institutions politiques, tel le Conseil de l’Europe, pour permettre au message de l’évangile d’être entendu.

Le lundi fut occupé par une réunion (ouverte à tous les participants à la conférence) du Comité des Droits Humains de la Conférence des OING au Conseil de l’Europe. La Conférence Rio+20 était au programme de même que la délicate question des droits des femmes dans les pays faisant l’expérience du Printemps Arabe, parmi d’autres sujets. Il est devenu clair pour moi que les Chrétiens qui mettent les valeurs de l’évangile en premier doivent faire cause commune avec les femmes et les hommes de bonne volonté quel que soit leur milieu religieux, culturel ou convictionnel.

Il fut question de la tendance grandissante dans quelques pays signataires d’empêcher ce qu’ils considèrent comme la « promotion de l’homosexualité », avec l’emprisonnement et la persécution consécutifs de personnes souhaitant profiter de leur liberté de parole. Que la société doive intervenir pour empêcher que des Musulmanes ne soient mutilées au nom de la religion fut très majoritairement défendu par les délégués à la conférence, mais il ne fut pas évident  qu’il y eût un soutien comparable pour soutenir les droits des minorités sexuelles – les autorités catholiques romaines condamnent les violations des droits humains musulmanes mais non les leurs. Le Réseau Européen ne revendique pas de s’exprimer au nom de l’église catholique – le pape et les évêques le font. Il s’exprime au nom de ce peuple catholique qui appartient aux groupes qui en sont membres et envoient des délégués à ces rencontres. Mais il y a clairement des gens parmi les quelque 40 OING catholiques qui considèrent qu’une fidélité non critique aux déclarations du pape et du magistère a plus de valeur que la solidarité avec le mouvement pour les droits humains.

Le mardi, il y eut des réunions (aussi ouvertes à tous les participants) du Comité sur la Démocratie, la Cohésion Sociale et les Défis de la Mondialisation et du Comité éducation et Culture de la Conférence des OING au Conseil de l’Europe. Il devint clair là, quelque véhéments que soient nos reproches sur le mauvais gouvernement de l’église catholique, qu’un vaste espace s’offre au progrès dans la manière dont gouvernements nationaux et locaux fonctionnent dans divers pays. Il y eut quantités d’échanges sur les principes de la « bonne gouvernance » et aussi sur la manière d’obtenir des gens une plus grande participation à la politique, qui en a désabusé beaucoup omettant même de voter ou de faire preuve de  quelque intérêt.

Alors que les débats portaient sur le logement et la santé, les jeunes, l’éducation, la démocratie locale, les migrations, le paysage et le changement climatique, je me demandais ce que ceux que je représentais avaient à dire sur ces questions. J’ai compris que j’étais là en chrétien pour m’exprimer au nom de l’évangile. Ce serait une erreur de laisser aux évêques ou à leurs porte-parole rétribués la responsabilité d’être la seule voix catholique dans des forums tels que ceux-là. Un sujet délicat auquel mes amis délégués de EN-RE s’intéressent particulièrement est la place de la religion en politique (la Charia ? les évêques catholiques s’entretenant de façon privée et privilégiée avec des ministres ? une voix accordée aux chrétiens de base dans le processus politique ?).

La conférence s’est terminée (en dehors de réunions de sa direction et de sa Commission Permanente) après une séance plénière le mercredi matin consacrée au vote formel sur les propositions produites par les différentes commissions. Bien que je ne puisse que penser avec regret combien l’actuelle direction de l’église catholique a à apprendre pour ce qui est de la bonne gouvernance et des droits humains, il n’y a pas de doute que le Conseil de l’Europe a créé un forum où nous pouvons avoir notre mot à dire en tant que témoins chrétiens, indépendamment des évêques, pour soutenir l’évangile comme nous le comprenons. […]

Simon Bryden-Brook (Traduction – juillet 2012 – Didier Vanhoutte). Extraits. Version complète à télécharger ici.

Simon Bryden-Brook était l’un des trois délégués (dont François Becker, membre du CA de FHEDLES) du Réseau Européen églises et Libertés (www.en-re.eu) à une réunion de la Conférence des Organisations Internationales Non-Gouvernementales au Conseil de l’Europe (http://www.coe.int/t/ngo/default_en.asp) du 25 au 27 juin 2012. Il représente l’organisation britannique Catholics for a Changing Church (CCC).


[1] J’ai une amie dont la petite-fille n’était pas terminée à 22 semaines, selon le conseil des médecins, et a vécu pour être sa fierté et sa joie.

[2] Bien que j’accepte le droit pour la société civile de définir le “mariage civil” (par ex. ni indissoluble ni réservé à des personnes de sexe opposé), je souhaiterais qu’il soit plus clairement distingué du sacrement de mariage. Plutôt que de chercher à préserver la sainteté du sacrement, nos évêques semblent vouloir s’immiscer dans le droit d’une société laïque d’établir ses propres règles.

 

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