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L’association Femmes et Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES) est née le 6 février 2011. Elle succède aux deux associations sœurs Femmes et Hommes en Église (FHE) et Droits et Libertés dans les Églises (DLE), nées en 1969 et 1987.

Notre objectif est d’ « œuvrer au sein des Églises et de la société, avec la liberté de l’Évangile, à de nouvelles pratiques de justice, de solidarité et de démocratie pour :


  • l’égalité et le partenariat entre femmes et hommes, en refusant toute forme de discrimination liée au sexe.

  • la transformation profonde des mentalités, des comportements, des institutions pour donner réalité aux droits et liberté de toutes et tous.

  • l’émergence de langages et de symboles renouvelés.

  • la promotion de recherches, notamment historique et théologiques, appelées par les trois objectifs énoncés ci-dessus »


dans le respect de la diversité des cultures et des spiritualités. »

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Une transgression prophétique (François Becker)

Colloque Femmes & Hommes en Église - Genre en Christianisme : « Femmes prêtres. Enjeux pour la société et pour les Eglises »

L’ordination de femmes à la prêtrise nous interpelle tous, moi le premier, sur la tentation d’une lecture fondamentaliste des écritures concernant les dualités masculin/féminin (le genre), prêtre/laïcs (les ministères), présence/absence de communautés (propriété personnelle du ministère) et enfin transgression/soumission (la conscience personnelle).

Masculin/Féminin

Pourquoi interdire l’ordination des femmes alors qu’elles étaient plusieurs au dernier repas de Jésus, qu’elles réalisent aujourd’hui les missions qui leur sont confiées aussi bien que les hommes souvent prêtres, et que rien dans les Evangiles n’indique que Jésus n’a interdit aux femmes d’exercer une fonction sacerdotale, comme le rappelait en 1976 la commission pontificale biblique sollicitée par Paul VI pour donner son avis sur l’ordination des femmes ?

– Parce que, nous dit-on, Jésus n’a choisi que des hommes comme apôtres ? Mais alors pourquoi a-t-il, par exemple, confié à une femme, Marie Madeleine, la mission fondamentale d’annoncer sa résurrection aux apôtres apeurés (Mc 16, 9-11, Jn 20, 11-18), ce qui a conduit certains disciples à la considérer comme l’apôtre des apôtres ?

– Parce que, nous dit-on, le prêtre, représentant le Christ de sexe masculin ne peut être qu’un homme. N’est-ce pas étrange de voir notre Eglise se comporter aujourd’hui comme si Jésus avait dit au cours de son dernier repas  » Refaites ceci à ma place « , au lieu de  » Faites ceci en mémoire de moi  » (Lc 22, 19 et1 co 11 24-25) ?

N’est-ce pas en fait la conséquence d’une interprétation fondamentaliste des écritures qui conduit la hiérarchie catholique à refuser de mettre les femmes et les hommes sur le même pied d’égalité devant Dieu, sans fondement théologique, en contradiction avec le témoignage de chair et de sang de Jésus dont nous faisons mémoire à son appel pressant ?

Prêtres/Laïcs

Les interrogations que soulève ainsi l’ordination des femmes vont contribuer à accélérer la désacralisation de la prêtrise et la déclergification de l’Eglise, redonnant ainsi à tous les disciples de Jésus une égale dignité devant Dieu. La présidence de l’Eucharistie reviendrait ainsi, non pas à un homme célibataire ordonné et  » consacré  » à titre personnel et à vie, mais à un (ou plusieurs) membre de chaque communauté célébrante, homme ou femme, marié/e ou célibataire, exerçant ou non une profession, appelé pour un temps limité à la fois par la communauté et par l’Eglise, pour manifester que cette communauté n’est pas propriétaire de Jésus et qu’elle est en communion avec toute l’Eglise. Prise de conscience enfin que c’est la communauté entière qui, rassemblée à l’appel de Jésus par son/sa président/e,  » fait ceci en mémoire de Jésus Christ « .

Présence/absence de Communauté

Les communautés faisant justification des ministères, Geneviève Beney exercera son ministère auprès de communautés rassemblant, souvent en réseaux, ceux et celles (dont je fais partie avec de nombreux/ses catholiques à travers le monde) qui souhaitent que leur Eglise, corps du Christ, vive son humanité dans la plénitude de ses composantes masculines et féminines y compris dans son animation. Ces communautés sont bien réelles, même si elles ne sont pas  » visibles  » à qui ne sait pas les voir. Elles sont parfois « latentes », c’est à dire qu’elles se révèlent à la suite d’un événement ou lors de certaines manifestations publique concernant leurs membres. Ainsi des communautés se cristallisent-elles autour de Geneviève Beney. On peut ajouter que des femmes ont été appelées par des communautés organisées à présider leurs eucharisties (comme la communauté Corpus Christi du diocèse de Rochester aux USA que la hiérarchie catholique romaine a excommunié.

Transgression/Soumission

La transgression d’une loi ou d’un interdit dont la lettre passe avant l’esprit est une des marques du témoignage de Jésus. Il suffit de citer par exemple ses réactions sur le sabbat (Lc 6,1; 6,6; Mt 12,1 ; 12,10; Mc 2, 23 ; 3,2) et sur certaines traditions (Mc 7,1 ; Mt15,1). Jésus nous montre ainsi que la transgression d’une loi, jugée en toute conscience abusive ou appliquée d’une façon qui en tue l’esprit peut être source de progrès (comme c’est le cas, à mon avis, de la transgression que représente l’ordination de femmes), alors qu’une soumission à une telle loi peut être mortelle spirituellement (comme le montre le refus de repenser les ministères) ou même physiquement (comme nous le montre, hélas, le refus de recommander le préservatif).

En guise de conclusion

Faut-il, en effet, faire exactement comme Jésus-Christ? St Pierre (Ac 15 7-11), appuyé par St Paul (Gal 3, 28), a magistralement répondu à cette question en ouvrant l’Eglise aux non-circoncis. De fait, sont ordonnés à la prêtrise des noirs, des asiatiques et des hommes non circoncis, bien qu’il n’y ait eu ni noirs, ni asiatiques, ni hommes non circoncis au dernier repas de Jésus. De même le groupe apostolique a largement dépassé le nombre de 12, alors que Jésus n’avait choisi que 12 apôtres et qu’après la trahison de judas, seul celui-ci ait été remplacé par les apôtres pour garder le nombre de 12.

Pourquoi alors refuser l’ordination aux femmes dont on sait qu’elles étaient présentes au dernier repas de Jésus ? Pourquoi un tel blocage alors qu’il apparaît de plus en plus évident qu’il n’en était pas ainsi dans les premiers siècles (ce que dénie la hiérarchie), comme les recherches historiques récentes le montrent de façon de plus en plus convaincante? N’est-ce pas le fruit d’une lecture fondamentaliste de l’écriture, ce qui est extrêmement dangereux ?

La transgression que constitue l’ordination des femmes est pour moi un signe prophétique car elle interpelle tous les hommes, particulièrement la hiérarchie de l’Eglise Catholique, et toutes les femmes pour que tous les ministères soient ouverts aux femmes, traduisant mieux aujourd’hui l’Esprit de Jésus et rendant visible la dimension eschatologique de l’eucharistie en préfigurant le Royaume où il n’y aura plus ni homme ni femme.

François BECKER, professeur émérite à l’université Louis Pasteur de Strasbourg

Vice-président de DLE – Droits et Libertés dans les Églises, François Becker est chargé par le Réseau Européen Églises et libertés des relations avec le Conseil de l’Europe.

Cet article est paru en décembre 2005 dans le N°28 de la revue Les réseaux des Parvis – pages 6 et 7

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