Lettre d’infos décembre 2011 (FHEDLES)

Ami-e-s de l’égalité femmes/hommes et des droits et libertés dans les Églises et la société, l’association FHEDLES vous propose sa première nouvelle lettre d’informations en lien avec son site Internet : www.fhedles.fr.

Découvrez aujourd’hui nos articles sur les appels à la liberté dans l’Église, la querelle du « genre » et la créativité de nos amies chrétiennes féministes du Québec.

FHEDLES : 40 ans de libre parole

Dès les lendemains du Concile Vatican II et les débuts du mouvement de libération des femmes, les associations « Femmes et Hommes en Église » et «  Droits et libertés dans les Églises » ont promu des pratiques nouvelles de justice, de solidarité et de démocratie avec la liberté de l’Évangile. Elles sont unies depuis cette année sous le nom de FHEDLES. Découvrez notre histoire, nos objectifs et nos derniers communiqués.

Appels à la liberté dans l’Église

Dans plusieurs pays européens de nombreux prêtres, diacres et théologiens manifestent leur soif de réforme de l’Église catholique.

Gérard Bessière, l’un des premiers signataires de notre Manifeste de la liberté chrétienne (1975), nous appelle à agir en France : « Quatre cents théologiens universitaires en Allemagne, des centaines de prêtres et de diacres en Autriche, ont élevé la voix. En France, si l’on excepte un petit groupe de prêtres à Rouen, et le communiqué – non signé – de l’équipe nationale du groupe “Jonas”, le silence est compact. En conversation privée, beaucoup de personnes, y compris des responsables d’Eglise, disent leur inquiétude, leur déception. Mais les mêmes ne s’expriment jamais publiquement. Rome peut penser que ses orientations sont acceptées. L’absence de protestation cautionne, négativement, le pouvoir et les décisions de la monarchie romaine. »

Y a-t-il donc du neuf chez les cathos en France ? Notre atelier “Faire Église Autrement” (FEA) en témoigne par sa dernière publication qui rend compte « de la manière dont une partie de plus en plus importante du peuple de Dieu, inspirée par les intuitions du Concile Vatican II et réceptive au souffle de l’esprit de Jésus Christ, se libère des contraintes mortifères imposées par le Magistère de l’Église catholique, qu’elle juge obsolètes, pour s’organiser, vivre sa foi et “faire communautés” autrement. »

L’atelier FEA travaille à un prochain colloque dont voici une des réflexions préparatoires : “Une église sans pasteurs ?”. Concernant le ministère presbytéral, nous vous proposons aussi une réponse aux arguments d’exclusion des femmes ainsi que de nombreux autres articles sur les femmes prêtres.

N’ayons pas peur du «  genre » !

Une polémique lancée par l’enseignement catholique, les AFC et Christine Boutin a été relayée par de nombreux députés s’offusquant de l’introduction des analyses de genre dans les manuels scolaires de sciences de la vie (SVT). Nous avons publié deux communiqués défendant ce concept :

« […] Le genre est une catégorie d’analyse qui permet de rendre compte des variations, des enjeux et des modalités de la distinction entre les sexes ainsi que de l’organisation sociale des relations entre les femmes et les hommes. Les analyses de genre sont mises à profit par le programme officiel pour interroger les “préjugés” et les “stéréotypes”, ce qui est la base de toute démarche scientifique. Nous sommes loin de la prétendue idéologie qui viserait à ce que chacun-e fasse tout et n’importe quoi de manière arbitraire. L’orientation générale des manuels scolaires est juste : remettre en question ce qui est souvent présenté comme un destin biologique et qui se solde par l’enfermement des personnes dans les rôles hiérarchisés attribués aux deux sexes. »

Genre en Christianisme”, c’est justement le nom de notre centre de recherche et documentation qui propose 2000 ouvrages sur le sujet et des conférences comme celle de la canadienne Denise Couture en juin dernier sur le thème : “Les théologies féministes et de la libération : la nomination de la Dieue chrétienne, une expérience libératrice !”. « Dans notre groupe féministe, le choix du vocable « Dieue » s’est fait de manière communautaire. Notre analyse a commencé par des récits personnels d’une souffrance éprouvée dans la nomination de Dieu au masculin. Les femmes ont identifié que ce masculin n’est pas neutre, qu’il est androcentrique et qu’il était devenu un passage obligatoire de la relation intime, communautaire et théologique des femmes à Dieu. La féminisation de la Dieue brise ce détour obligé et permet une relation immédiate des femmes à Dieue dans leur cœur. »

Nous vous proposons aussi une analyse du genre dans l’Église catholique et notre hors-série de la revue Parvis sur “l’écoféminisme : les femmes et la nature”

Ça bouge au Québec chez nos amies chrétiennes féministes !

Nos amies de “L’autre Parole” publient le premier numéro de leur revue électronique. Deux militantes de FHEDLES y livrent leur contribution : Marie-Thérèse van Lunen Chenu revient sur “l’incontournable question des femmes” et Alice Gombault interroge : “Le temps de la patience ne serait-il pas révolu ?”, évoquant la morale sexuelle, le rapprochement avec les Anglicans et les intégristes et l’attitude des évêques.

Marie-Thérèse van Lunen Chenu réagit aussi à l’ordination épiscopale d’une femme canadienne catholique, Marie Bouclin, et nous fait part du 40e anniversaire des efforts du réseau Femmes et Ministères qui suscitèrent la demande par les évêques canadiens, lors du Synode à Rome, « qu’une commission étudie en profondeur la situation des ministères féminins dans l’Église ».

C’est à ce même synode romain de 1971 que FHEDLES (alors Femmes et Hommes dans l’Église) tint sa première conférence de presse, déclarant : « L’Église catholique est une société masculine elle aussi, avec cette particularité que sa hiérarchie est une société de clercs célibataires, Si les laïcs y sont des mineurs, encore pour une très grande part, les femmes, elles, le sont doublement: comme laïcs et comme femmes, Elles n’ont de rôle reconnu qu’à distance, dans la sujétion, l’obéissance, le silence. Leurs vertus y sont définies par les besoins masculins : elles y sont admises et glorifiées comme mères, épouses dociles et dévouées, vierges consacrées au service perpétuel, et inaptes aux responsabilités viriles : la Parole, l’enseignement, la pensée théologique, les services ministériels. Et il faut attendre 400 ans pour voir Thérèse d’Avila proclamée Docteur de l’Église – et encore rappelle-t-on en même temps, « selon le précepte de Saint Paul, que les femmes se taisent dans les assemblées ». N’est-ce pas là en rester aux temps pré-évangéliques ? N’est-ce pas à la samaritaine que Jésus s’annonce comme le Messie ? N’est-ce pas Madeleine qu’il charge d’annoncer sa Résurrection ? »

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FHEDLES est membre de : Réseaux des Parvis, Réseau Européen Églises et Libertés, Women’s Ordination Worldwide, Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes, International Movement We Are Church, Observatoire Chrétien de la Laïcité (groupe de travail des Réseaux des Parvis)

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