Arguments du rabbin Bernheim contre le mariage homosexuel. Questions sur son plagiat d’un auteur Catholique. (Kerimel)

Loïc de Kerimel avait publié ici-même un excellent texte de fond qui questionnait les arguments bibliques mobilisés contre le mariage homosexuel par Gilles Bernheim (alors Grand Rabbin de France). Nous avons appris depuis lors que les arguments du rabbin plagiaient un auteur catholique. Loïc de Kerimel, membre de l’Amitié judéo-chrétienne, cherche à comprendre ce qui s’est joué dans cette tromperie.

Loïc de Kerimel 2011Par le blog de Jean-Noël Darde « Archéologie du copier-coller » j’apprends ce mardi 9 avril que les pages 21 à 23 du document de Gilles Bernheim sur le mariage homosexuel, pages dans lesquelles le Grand Rabbin de France explicite les références bibliques, essentiellement Gn 1-3, qui viennent à l’appui de son opposition au projet de loi concernant l’ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe, sont intégralement plagiées du livre du Père Joseph-Marie Verlinde, L’idéologie du gender comme identité reçue ou choisie, Éditions Le livre ouvert 2012 [1]. Il se trouve que dans un texte écrit en janvier dernier, intrigué moi-même par le contenu de ces pages, j’ai fait état de mes interrogations et principalement de l’étonnement suscité par les traductions utilisées par Gilles Bernheim ainsi que par certaines des interprétations données à ces textes surabondamment commentés.  Je ne pouvais évidemment pas imaginer que celui que je discutais alors n’était en réalité pas Gilles Bernheim, mais le P. Verlinde, prêtre catholique. Catholique pratiquant moi-même, membre depuis longtemps de l’Amitié judéo-chrétienne – dont le Grand Rabbin est actuellement vice-président –, et cependant en profond désaccord avec la position et l’argumentaire officiels de mon église sur la question du mariage homosexuel, il m’importait beaucoup de discuter la position, les arguments et les références de Gilles Bernheim, compte tenu principalement de l’extraordinaire écho donné à son texte en particulier par la majorité des catholiques, jusqu’au pape Benoît XVI lui-même. Pour des raisons évidentes, le P. Verlinde ne m’aurait pas mobilisé de la même façon. Si toutefois m’étaient tombées sous les yeux les pages de son livre lues chez son plagieur, j’aurais dit plus directement et de manière moins développée combien l’exégèse de Gn 1-3 utilisée m’y paraissait partielle, discutable et passablement datée. C’est pourquoi la révélation du plagiat provoque en moi un mélange de trouble, de consternation, d’abattement, de tristesse et colère.

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[1] On trouve les pages concernées, recopiées au mot près à part une citation de Jean-Paul II et une autre de St Paul, à l’adresse suivante : http://www.lelivreouvert.com/client/document/extraits-gender-interactif_94.pdf).